Prix Liliane Bettencourt
| Zoom [+] |  | | Stéphane Compoint pour la Fondation Bettencourt Sc © | Ludovic Avenel : entre ébénisterie et design
Lauréat du concours Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la main, Ludovic Avenel a su séduire le jury de ce prix prestigieux pour les métiers d’art. Avec l’ébénisterie comme passion, sans oublier le côté design, à seulement 23 ans, ce jeune homme s’attache à l’évolution des techniques anciennes pour les adapter à notre temps. Portrait.
Depuis sa première visite d’un atelier à 6 ans, Ludovic Avenel n’a pu se sortir de la tête l’idée de devenir ébéniste. Habitué à se rendre régulièrement dans la maison de campagne de ses parents, il réalise ses premiers objets en bois comme des boîtes pour oiseaux.
A seulement 23 ans, ce temps n’est pas si loin, mais aujourd’hui, c’est avec deux commodes d’apparences identiques qu’il a remporté le concours. C’est une bijoutière de son association, réunissant des personnes de différents métiers d’art et travaillant ensemble autour d’une matière, qui l’a poussé à participer au concours Liliane Bettencourt. "En ce moment nous travaillons sur le liège et essayons de mettre en commun nos savoir-faire", précise Ludovic Avenel sur son association.
Deux commodes, deux techniques
La première commode est une réplique d’un meuble fabriqué par Paul Iribe et Clément Rousseau en 1912. Elle a été réalisée en galuchat qui est une technique de gainage de peaux de raies que l’on ne trouve qu’aux Philippines. La deuxième, quant à elle, utilise des matériaux beaucoup plus actuels et moins onéreux comme l’aluminium, le caoutchouc ou des matières composites. "J’ai cherché à montrer qu’il est possible de réaliser de très belles pièces avec des techniques et des matériaux d’aujourd’hui. Le passé garde une relation avec et le présent avec des évolutions techniques", indique le jeune homme.
"L’évolution pour répondre à un besoin"
Aujourd’hui, grâce au prix du concours Liliane Bettencourt qui s’élève à 50.000 euros, Ludovic Avenel peut monter son entreprise rapidement. Il projette de créer du mobilier adapté aux personnes âgées. "Je veux contribuer à réduire le processus de vieillissement des personnes âgées en leur permettant de rester plus longtemps chez elles grâce à un mobilier adapté." Et ce n’est d’ailleurs pas le seul projet de ce jeune homme ambitieux : des meubles pour les enfants, du mobilier flottant pour les bateaux, des meubles bijoux… En réponse à la notion à laquelle tient le plus Ludovic Avenel : l’évolution pour répondre à un besoin. "Je trouve que souvent les ébénistes ou artisans sont trop traditionnels et conservateurs, à l’inverse de designers qui sont trop dans le purement esthétique. Je souhaite me situer entre les deux" confie-t-il. Evoluer avec la société, intégrer les nouvelles technologies, voilà les souhaits du lauréat. "Il est difficile de ne pas tomber soit dans la tradition soit dans l’esthétisme mais il faut que les métiers d’art évoluent avec leur époque pour ne pas disparaître" affirme le jeune artiste.
Dans tous les cas, Ludovic Avenel démarre avec toutes les chances de son côté, puisqu’il confie recevoir de multiples commandes depuis qu’il a gagné le concours Liliane Bettencourt. Il chercherait même pour janvier un atelier pour s’installer dans la capitale.
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