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Réussir son potager en ville

Par Leslie Cottenceau-Mathurin
,
le 2 septembre 2010
potager
potager © Gamm vert
A peine rentré, vous êtes déjà en mal de nature ? C'est le moment de penser à un mini-potager pour le printemps prochain. Expert en métier végétal et chef de produits chez Gamm vert, Adrien Moreau livre pour maison à part, ses conseils de jardinage pour réussir votre propre culture.
Maison à part : Réaliser un véritable potager en ville, c'est possible ?
Adrien Moreau :
Bien sûr. La production sera évidemment plus faible qu'à la campagne mais il apportera une atmosphère ludique et conviviale aux surfaces extérieures. Deux options s'offrent à vous : soit une culture en pots, soit un potager "en carré". Idéal pour celles et ceux qui possèdent une faible surface, le premier type de culture se compose de plants potagers placés dans des pots de 4 à 5 litres ou des jardinières de 40 à 50 cm minimum. L'idée étant d'avoir un volume suffisamment grand pour permettre aux plants de fruits et légumes de bien se développer et d'être moins sensibles à la chaleur et au manque d'eau. Le potager en carré requiert, lui, une surface moyenne de 1,20 m sur 1,20 m, divisée en 16 parcelles de 30 x 30 cm. Il permet une plus grande variété d'essences.
MAP : Un novice peut-il réussir seul l'entretien d'une culture maraîchère ?
A. M. :
Le potager est à la portée de tous, à condition d'être humble ou bien conseillé ! La première année, mieux vaut opter pour des plantes en pot plutôt que pour un potager en carré, sollicitant un peu plus de savoir-faire. Surtout, ne pas hésiter à aller voir des spécialistes en grande surface spécialisée. Ils vont vous orienter vers l'utilisation de produits adaptés aux jardiniers débutants. D'une manière générale, préférez les plants aux semences, plus chers à l'achat mais dans un premier temps plus faciles à faire pousser. L'attente avant la récolte sera moins longue et le risque de maladies ou de nuisibles d'autant amoindris. Privilégiez les essences récentes et/ou greffées plus résistantes, limitez la gamme de légumes et optez pour des espèces faciles à cultiver comme les aromatiques, les fraises ou les tomates par exemple.
MAP : Quelle est la parfaite panoplie du jardinier et son coût est-il élevé ?
planter
planter © Gamm vert
 
A. M. :
Contenant, terreau, arrosoir et bien entendu graines ou plants de légumes sont la base pour réaliser un potager en pots. Le coût d'ensemble reste relativement modeste. Les 6 plants de tomates sont à moins de 5 euros, les 12 plants de salades à moins de 3 euros. Quant aux tuteurs, ils sont à 1 ou 2 euros. Notez que si l'engrais n'est pas forcément indispensable pour des légumes à cycle court comme les tomates, il est recommandé pour assurer sa récolte. Le kit des potagers en carré est légèrement plus onéreux. Surtout, pensez à vérifier le poids autorisé sur les terrasses et balcons avec la copropriété avant de réaliser votre installation.
MAP : Est-ce que l'entretien du mini-potager demande beaucoup de temps ?
A. M. :
Moins qu'un potager traditionnel. Le désherbage est forcément moins conséquent sur une surface en carré relativement petite. Pour réduire davantage l'entretien, il est possible de limiter l'arrosage quotidien grâce à un système de goutte à goutte ou en utilisant du paillage qui limite l'évaporation. Les citadins qui partent tôt au travail et qui rentrent tard le soir doivent profiter de ces horaires pour garantir l'apport quotidien en eau. Cela ne prend que quelques minutes par jour. En cas d'absence prolongée de plusieurs jours, mieux vaut demander à quelqu'un de passer pour maintenir le sol humide et ne pas mettre en péril le potager.
MAP : Avoir un potager biologique en ville, c'est difficile ?
A. M. :
Oui et non. Plants, terreau et engrais existent en version bio. Le plus difficile avec ce type de culture est de traiter les maladies. Sans produit de synthèse, la protection demande savoir faire, anticipation ou réactivité ! Pour limiter les risques, une bonne technique consiste à associer des légumes qui se protègent mutuellement comme la carotte avec l'ail, l'oignon et l'échalote. Fèves, haricots et pois enrichissent le sol en azote renforçant ainsi les pousses de tomates. A leurs côtés, des plantes comme l'œillet d'Inde protègent des aleurodes (petites mouches blanches) et des pucerons, deux insectes redoutables pour le potager. Pour les potagers traditionnels ou en carré, veillez à la rotation régulière des cultures. Les légumes feuillus que sont par exemple la chicorée, la laitue, l'épinard et le chou sont exigeants en azote ; ail, échalote, oignon, fève, haricot et pois absorbent beaucoup de phosphore ; tomate, concombre, aubergine, piment et carotte prennent à la terre toute sa potasse. Laissées au même endroit, ces cultures provoquent des carences dans le sol ce qui favorise l'arrivée de maladies.
MAP : Que dire à ceux qui hésitent encore à se lancer ?
salade
salade © Gamm vert
 
A. M. :
Cultiver un potager n'est pas une chose compliquée et c'est une grande source de plaisir ! Le plus important est de désacraliser l'image que l'on a de la culture maraîchère. Choisir seulement trois à quatre essences en plants, faciles à cultiver au début. La confiance vient ensuite très vite, en même temps que le plaisir de voir son potager pousser, et la possibilité de contrôler et de toucher ce qui va se retrouver dans son assiette. En seulement quelques jours, la confiance s'installe et votre hésitation est déjà un lointain souvenir. Conquis, vous pensez déjà aux plantes que vous allez pouvoir ajouter pour l'année prochaine. Et dire que vous avez failli ne pas vous lancer...
Réussir son potager en ville
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