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Les ateliers des manufactures nationales

Par Pauline Polgar
,
le 23 mai 2007
A l'occasion de la réouverture de la Galerie de la Manufacture Nationale des Gobelins, découvrez les ateliers de confection. Restauration, réalisation, technique... Entrez dans un monde de précision, de justesse et de beauté.
Manufactures de tapisserie des Gobelins, de Beauvais, de la Savonnerie, ateliers de dentelle du Puy et d'Alençon, sans oublier les ateliers de création et de restauration du Mobilier national... 392 agents travaillent dans ce même service national du Mobilier et des Manufactures, dépendant du Ministère de la Culture, œuvrant à la création et la préservation d'une partie de notre patrimoine. Ils en cultivent les savoir-faire et en conservent les créations dans un souci de les faire découvrir au plus grand nombre grâce à ses espaces d'expositions, comme les Galeries des Gobelins et de Beauvais.
Maison à part vous propose un petit voyage dans les ateliers des Gobelins, de Beauvais et de la Savonnerie pour découvrir leur histoire et leur savoir-faire.
Les ateliers des manufactures nationales

Les Gobelins - Les ateliers des manufactures nationales

atelier gobelins
atelier gobelins © Sophie Zenon
Œuvre de Colbert, qui décida de regrouper en un même endroit les ateliers parisiens de tissage de tapisseries en 1662, la Manufacture des Gobelins marque de son empreinte l'histoire de la tapisserie. Son nom vient d'une famille de « taincturiers en escarlate », installés dès le milieu du XVe siècle sur les bords de la Bièvre au Faubourg Saint-Marcel.
Sous l'impulsion de son premier directeur, Charles Le brun, la manufacture abrite des artistes peintres et tapissiers mais aussi orfèvres, fondeurs, graveurs et ébénistes. Sa fonction première en a fait sa renommée internationale : la création d'objets destinés à l'ameublement des palais royaux et aux présents diplomatiques. Aujourd'hui la manufacture des Gobelins perpétue sa tradition d'être une vitrine française de la création en faisant appel à de nombreux artistes contemporains.
Les Gobelins - Les ateliers des manufactures nationales

La technique de haute lisse

haute lisse gobelins
haute lisse gobelins © Sophie Zenon
Depuis 1826, la technique employée exclusivement à la Manufacture est celle de la haute lisse : le métier est vertical, composé de deux ensouples mobiles disposées parallèlement et supportées par deux montants. Leur fonctionnement est ainsi expliqué à l'Atelier : « Les fils de chaîne tendus verticalement sont séparés en deux nappes. L'une est laissée libre tandis que l'autre est munie à chaque fil d'une cordelette de coton appelée lisse. C'est en actionnant ces lisses d'une main que l'on obtient le croisement des fils nécessaire à l'exécution d'une trame à l'aide d'une broche chargée de laine, soie ou matériaux divers. »
La particularité du lissier est de travailler sur l'envers de la tapisserie en surveillant son bon déroulé au moyen d'un miroir, le modèle étant placé derrière lui.
La technique de haute lisse

La Manufacture de Beauvais

Beauvais
Beauvais © Sophie Zenon
La Manufacture de Beauvais, dont les ateliers actuels sont partagés entre Paris et la ville de province, a été créée en 1664. A l'origine entreprise privée ce n'est qu'en 1935 qu'elle est rattachée au Mobilier National. Mais sa collaboration avec les Gobelins date des bombardements qui ravagèrent ses locaux pendant la deuxième guerre mondiale. Les ateliers de Beauvais s'installèrent alors à Paris, avant de retrouver pour partie Beauvais en 1989. Elle connaît son envol au XVIIIe s. avec sa collaboration avec les peintres Oudry et Boucher. Sa spécialisation en création de tapisserie de sièges date du XIXe s.
D'importants ensembles de mobiliers sont créés au début du XXe, époque d'une collaboration renouvelée avec des peintres et décorateurs illustres tels que Laugé, Karbowski, Bagge ou encore Dufy. La Manufacture participe depuis l'entre-deux-guerres au renouveau de la tapisserie avec Le Corbusier, Matisse, Picasso et poursuit sa vocation aujourd'hui avec des artistes contemporains.
La Manufacture de Beauvais

La technique de la basse lisse

la basse lisse beauvais
la basse lisse beauvais © Sophie Zenon
Dès le début du XVIIIe s. la technique de la basse lisse est employée par la Manufacture de Beauvais. Le métier est ici horizontal et les lisses s'entrecroisent au moyen de pédales. Le modèle, transcrit sur un papier blanc, est placé sous la chaîne de métier. Le lissier tisse à l'envers.
La technique de la basse lisse

La transcription du dessin sur du papier blanc

La transcription du dessin sur du papier blanc
La transcription du dessin sur du papier blanc © Sophie Zenon
La transcription du dessin sur du papier blanc

La Manufacture de la Savonnerie

La Manufacture de la Savonnerie
La Manufacture de la Savonnerie © Sophie Zenon
La Manufacture de la Savonnerie se partage en deux ateliers, à Paris et Lodève (Hérault). Elle est spécialisée dans la fabrication de tapis depuis sa création par Louis XIII dans les ateliers de bord de Seine, au pied de la colline de Chaillot, dans les bâtiments d'une ancienne fabrique de savon, d'où son nom de la Savonnerie. En 1663, Colbert la réorganise en la confiant à Charles le Brun qui s'occupe déjà des Gobelins. Sa production est alors exclusivement réservée au roi. On lui doit, entre autres, les prestigieuses compositions du Grand Cabinet de l'Empereur et de la Salle du Trône du Palais des Tuileries.
Rattachée totalement aux Gobelins en 1825, elle connaît un renouveau stylistique au début du XXe siècle avec des collaborations avec notamment Bracquemond ou encore Odile Redon. Aujourd'hui, elle continue sa collaboration avec des créateurs contemporains, comme des peintres tels que Zao Wou Ki ou Soulages et des architectes et designers comme Portzamparc ou encore Matali Crasset.
La Manufacture de la Savonnerie

Technique de la Savonnerie

Technique de la Savonnerie
Technique de la Savonnerie © Sophie Zenon
Sur métier vertical, le lissier travaille sur l'endroit, à contre-jour, de manière à voir le carton et l'ouvrage face à la lumière. Son travail est ainsi expliqué : « le velours du tapis est formé par la juxtaposition de boucles et de points noués sur la chaîne, à raison de 8 à 20 points au centimètre carré. » Technique du point noué, le lissier passe et noue la laine au moyen d'une broche.
Technique de la Savonnerie

L'atelier de teinture

L'atelier de teinture
L'atelier de teinture © Sophie Zenon
L'atelier de teinture a été organisé par Colbert en 1665 dans l'enclos des Gobelins où il se trouve toujours. Son plus célèbre chimiste, Chevreul, élabora entre 1824 et 1883 une gamme de 72 tons et 14 400 coloris. Aujourd'hui le nouveau système de classification des couleurs, appelé N.I.M.E.S. est un nuancier répertoriant plus de 20.000 coloris sur laine géré par un logiciel scientifique.
L'atelier de teinture

Technique de teinture

Technique de teinture
Technique de teinture © Sophie Zénon
La teinture des laines et soies se fait aujourd'hui exclusivement au moyen de pigments synthétiques, contrairement à ses débuts, où l'emploi de gaude, garance, indigo ou cochenille permettait la création de couleurs.
Technique de teinture

Restauration - Les ateliers des manufactures nationales

Restauration manufacture
Restauration manufacture © Sophie Zénon
La restauration est également une des fonctions importantes des manufactures. Ici, une jeune femme travaille à la restauration d'une tapisserie de la Tenture d'Artémise, exposée à l'occasion de la réouverture de la Galerie des Gobelins.
Restauration - Les ateliers des manufactures nationales
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