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La Cité Radieuse, un modèle de copropriété

Par Leslie Cottenceau-Mathurin
,
le 5 mars 2009
Cité radieuse
Cité radieuse © FLC/DACS
Véritable laboratoire architectural destiné à améliorer les relations sociales entre les voisins, la Cité Radieuse de Le Corbusier reste, près de 60 ans après son inauguration à Marseille, un exemple en la matière. Retour sur expérience.
A l'origine, l'architecte Le Corbusier avait pensé la Cité radieuse comme une ville divisée en unités d'habitations à la verticale où se reconstituerait la vie sociale grâce à des services communs. Cinquante sept ans après, l'octogénaire Suzanne Lhérisson, qui compte parmi les premiers propriétaires de l'infrastructure, témoigne de l'incroyable lien qui unit les quelque 300 familles présentes, sur le site marseille-citeradieuse.fr.

L'Association des Habitants

Pour que le rêve de Le Corbusier devienne réalité, il a d'abord fallu attendre quelques années. Lorsque Suzanne Lhérisson emménage en 1952, aucun service collectif n'est encore proposé : « l'environnement est nul », explique-t-elle. Seules quelques baraques de chantier, des tas de sable et, des poutrelles peuplent les alentours : « Nous n'avons alors pas de commerces, peu ou pas de transports collectifs et [...] les écoles et lycées sont éloignés ».
Mais assez rapidement, l'immeuble de 137 mètres de long et 56 de haut se remplit d'une supérette, d'une boulangerie, d'une boucherie, d'une poissonnerie, d'une teinturerie, d'un coiffeur, d'une mercerie, d'un cabinet médical et enfin, en 1961, d'un Hôtel-Restaurant. Une école décorée par Le Corbusier et la directrice Lilette Ripert voit également le jour.
Dans le même temps, la vie sociale s'organise. La création de L'Association des Habitants, dès le 14 Janvier 1953, marque la volonté des propriétaires de poursuivre le travail introduit par l'architecte Le Corbusier. Des clubs pour la bibliothèque, le cinéma, la chorale, la musique, le théâtre ou encore le sport sont rapidement créés : « Toute proposition est acceptée, si le candidat s'engage à en assurer la gestion », précise Suzanne Lhérisson. Autant d'initiatives qui alimentent la vie sociale de l'immeuble et contribuent à resserrer les liens entre ses habitants.

Et aujourd'hui ?

« La section théâtrale, la chorale et la musique de chambre ont disparu, regrette Suzanne Lhérisson. La salle que nous avions adoptée, notre « Forum » fut cédée par l'Etat, il y a quelques années, pour y faire un gymnase (privé) ouvert à l'extérieur ». Pour éviter que l'effervescence d'activités ne retombe, des parties communes ont été annexées : « Le toit-terrasse a été réquisitionné pour les fêtes, le hall d'entrée sert de lieu d'expositions de peinture et de petites salles de clubs font notamment office de bibliothèque ».
Le lien fort qui unit les habitants des 337 appartements du site perdure encore aujourd'hui : « Nous continuons d'échanger des solutions pour les achats, les écoles, nous nous rendons des services... », affirme Suzanne Lhérisson, « un climat d'amitié s'est instauré entre les habitants ». Et la relève semble assurée, puisque même du côté des plus jeunes, le refrain des belles années reste le même : « Il fait toujours bon vivre à Le Corbusier ».
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