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Ampoules à incandescence : le stockage pour pallier l'absence

Par C.Chahi
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le 14 janvier 2010
Eclairage - ampoules - lampes
Eclairage - ampoules - lampes © DR
Après les ampoules à incandescence d'une puissance supérieure ou égale à 100 Watts, c'est au tour des 75 Watts de disparaître du marché. Une absence que les consommateurs préfèrent pallier avec des ampoules traditionnelles, dont il reste des stocks à écouler, et non pas avec des ampoules à basse consommation, dont ils sont encore insatisfaits.
Depuis l'annonce du retrait progressif de la vente des ampoules à incandescence, le rayon "éclairage" des magasins de bricolage et des grandes surfaces ne désemplit pas. Mais, contrairement à ce qui avait été prévu, les produits les moins énergivores ne sont pas ceux qui disparaissent en premier. Comme il reste encore des stocks à écouler, les consommateurs continuent en effet à acheter les modèles traditionnels, préférant ainsi faire des réserves au lieu de s'orienter vers les ampoules à basse consommation.
Un phénomène qui s'explique avant tout par le flou qui les entoure. Selon un sondage* réalisé par le site Internet Canal Energie et le fabricant d'ampoules à économie d'énergie Lucibel, la majorité des consommateurs se disent en effet mal informés sur le sujet : "25% s'interrogent sur le recyclage, 23% sur les différentes qualités d'éclairage, 23% voudraient des précisions sur les économies générées et 20,5% sur les équivalences en watts entre les ampoules à incandescence et les modèles à économies d'énergie".

Des consommateurs qui restent insatisfaits

L'autre problème soulevé par les consommateurs est en rapport avec la technologie. Intensité de la lumière, vitesse d'allumage, aspect esthétique... Autant de points qui méritent selon eux encore quelques améliorations. Bien qu'il commence à les utiliser, Saïd, 59 ans, leur reproche par exemple toujours un retard à l'allumage : "les lampes à basse conso sont aujourd'hui indispensables mais elles sont chères et restent longues à s'allumer, ce qui est un réel inconvénient dans les pièces à traverser comme les couloirs ou, même, les descentes de garage et les allées", déplore-t-il. "L'autre problème, poursuit-il, est qu'elles ne sont pas faciles à loger dans une verrerie et pas plus dans un abat-jour. D'ailleurs, bien souvent, elles dépassent et ce n'est pas très esthétique". Daniel, lui, de son côté, a préféré se constituer des réserves d'ampoules traditionnelles à vis ou à baïonnette. Même s'il sait le passage aux ampoules à basse consommation inéluctable, il n'est pour l'heure pas du tout satisfait par les performances des produits de remplacement : "les ampoules à basse consommation n'éclairent pas tout à fait de la même façon que les autres, explique-t-il. En plus, même si on dit qu'elles durent plus dans le temps, elles coûtent plus cher à l'achat".

Un marché en plein boom

De leurs côtés, les fabricants disent pourtant avoir fait le nécessaire pour faire progresser l'offre existante. Une offre qui, d'après eux, n'a désormais plus rien à voir avec celle proposée aux prémices de la commercialisation des ampoules à économies d'énergie. Parmi les arguments avancés : "un prix de vente jusqu'à 25% inférieurs aux standards du marché", "un emballage écologique" ou bien encore "une gamme complète d'ampoules". "La critique des sondés porte sur les premières générations d'ampoules, commente Christophe Bennehard, Directeur Général Délégué de Lucibel. La recherche a, depuis, permis de limiter les défauts relevés", insiste-t-il.
Qu'ils soient peu ou pas satisfaits des produits vendus, les consommateurs se sont tout de même mis à racheter des ampoules. L'annonce du retrait des ampoules aura donc eu pour conséquence de booster le marché de l'éclairage. "Pour la première fois depuis plusieurs années, ce marché a enregistré une augmentation de ses volumes vendus", révèle une étude de l'Institut GfK.
Pour l'heure cependant, en raison des stocks que les consommateurs se constituent, aucun vrai pic n'a été enregistré au niveau des ventes d'ampoules à économies d'énergie. "Le vrai changement, explique Virginie Puard, analyste chez Gfk, s'opèrera en 2011, la majorité des ventes s'effectuant sur des puissances égales ou inférieures à 60 Watts". Prochaine étape du calendrier acté par l'Union Européenne ? Le 30 juin 2010, pour les ampoules à incandescence d'une puissance supérieure ou égale 60 Watts.
*Sondage réalisé en ligne entre le 23 et le 30 novembre 2009 auprès de 830 individus.
Pour en savoir plus sur les ampoules à basse consommation, cliquez ici.
Et pour consulter le calendrier de retrait des lampes à incandescence, cliquez ici.
Ampoules à incandescence : le stockage pour pallier l'absence
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