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Ville : quels sont les bons et les mauvais élèves de l'accessibilité ?

le 11 février 2014
Selon le dernier baromètre de l'APF (Association des paralysés de France), il reste encore d'énormes progrès à réaliser en matière d'accessibilité dans les villes. A moins d'un an de l'échéance de mise en accessibilité de la France, quelles villes se distinguent ? Réponses.
Neuf ans après la promulgation de la loi Handicap de 2005, le dernier baromètre de l'Association des paralysés de France (APF) se montre pessimiste et juge les avancées en la matière "accablantes" et, ce, même si une amélioration est constatée. Un bilan décevant, à moins de 11 mois de l'échéance stipulant que tous les établissements recevant du public (ERP) devront répondre aux normes d'accessibilité requises par la loi Handicap du 11 février 2005 (voir encadré).

Les établissements de santé loin d'être accessibles

Et les chiffres parlent d'eux-mêmes : "À peine plus de la moitié des écoles et seulement 42% des réseaux de bus sont accessibles aux personnes en situation de handicap ! Même constat pour les cabinets médicaux et paramédicaux, puisque la moitié des personnes en situation de handicap ont des difficultés à en trouver un accessible", souligne le baromètre.
Autre point négatif abordé : les commerces de proximité : "La vie quotidienne ordinaire continue d'être impossible pour une immense majorité des personnes en situation de handicap : comment, en toute autonomie, se rendre chez un boucher, un boulanger ou un coiffeur ?", note le rapport.
De même, les établissements scolaires peinent à se mettre aux normes. Ainsi, l'accessibilité dans les écoles primaires n'a que très légèrement progressé, passant de 52% en 2012 à 56,74% en 2013.

Amélioration dans le logement et les centres commerciaux

Toutefois, certains secteurs affichent un mieux comme, par exemple, l'accès aux piscines, aux bureaux de poste ainsi qu'aux cinémas. Quant aux centres commerciaux, ils sont plébiscités pour leur facilité de déambulation. Enfin, les efforts entrepris dans le logement ont porté leur fruit, puisque l'on est passé de 64% à presque 72% de logements accessibles, "les 28 % de collectivités restantes demeurent apathiques", tempère, toutefois, l'APF.
En page suivante, le bilan de l'accessibilité ville par ville.

Les échéances d'accessibilité :

- Établissements recevant du public (ERP) : 1er janvier 2015
Sauf pour les préfectures et les universités : 31 décembre 2010
- Transports : 12 février 2015
Sauf pour les réseaux souterrains de transports ferroviaires et les transports guidés, soumis à l'obligation de mise en accessibilité sans précision de délai
Ville : quels sont les bons et les mauvais élèves de l'accessibilité ?

Top et flop des villes accessibles

Un bilan mitigé, donc, qui varie d'une ville à l'autre. Celle qui fait figure d'exemple reste Grenoble qui, comme en 2012, s'illustre par sa politique et ses équipements.
Derrière, se placent Nantes, Caen, Lyon et Poitiers, Belfort, Rennes et Épinal. Digne-les-Bains, Alençon et Chaumont ferment la marche.
Au-delà du simple classement, certaines municipalités ont montré une réelle volonté de développer une politique en faveur de l'accessibilité parmi lesquelles Poitiers et Mont-de-Marsan (+ 4,5 points), Dijon (+3,9 points), Nîmes (+3,6 points), Besançon (+2,9 points), Laval et Saint-Étienne (+2,7 points).

Les politiques attendus au tournant

A l'approche des municipales, l'APF espère sensibiliser les candidats afin qu'ils s'emparent du sujet et poursuivent ou développent leurs actions.
Du côté du Gouvernement, Marie-Arlette Carlotti, ministre délégué chargé des Personnes handicapées et de la Lutte contre l'exclusion, présentera un projet de loi d'habilitation au conseil des ministres. L'adoption au Parlement est programmée pour le printemps 2014, avec la publication d'une ordonnance. Elle complètera la loi du 11 février 2005 et précisera les modalités des futurs agendas d'accessibilité programmée qui entreront immédiatement en vigueur.
Top et flop des villes accessibles
 
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