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Maisons humides : attention aux mérules

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Maisons humides : attention aux mérules
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Mérules - Champignons murs
Mérules - Champignons murs © DR

La mérule est un champignon qui s'attaque aux boiseries dans les bâtiments présentant un excès d'humidité. Sa présence a été identifiée dans une cinquantaine de départements en France. Découvrez comment se prémunir et lutter contre ce fléau dont beaucoup de propriétaires ont du mal à se débarrasser.

Insectes et champignons se développent subrepticement dans les maisons. Or, si certains parasites, comme les termites, qui font l'objet d'un diagnostic immobilier obligatoire dans les zones délimitées par arrêté préfectoral, sont désormais rapidement identifiés et éradiqués d'autres, en revanche, restent méconnus. La mérule qui s'avère pourtant aussi dangereux que le termite et dont la présence a été identifiée dans une cinquantaine de départements en France*, notamment dans le Nord et le grand Ouest, est l'un de ceux-là.

Les propriétaires qui ont déjà eu affaire à ce champignon l'appellent "la lèpre des maisons". Un surnom qui fait froid dans le dos, mais qui illustre bien la réalité. En effet, non seulement le champignon se propage extrêmement vite mais en plus, il peut causer des dégâts importants dans les habitations : planchers, poutres, murs peuvent s'effondrer, mettant ainsi en péril la solidité de l'édifice.

Humidité, défauts d'entretien...

La première chose à savoir concernant la mérule est qu'elle ne s'attaque pas aux maisons par hasard. "La présence de mérules dans les bâtiments est liée à un excès d'humidité, explique Maria Lopez Diaz, chargée de mission au sein du service des Etudes et de la Prospective de l'Anah. Plus l'endroit est humide et mal entretenu et plus il y a un risque d'infestation, poursuit-elle. En aucun cas, le champignon ne peut s'attaquer à une maison bien conçue et bien entretenue".


Institut Technologique FCBA © Institut Technologique FCBA

 Humidité, manque de chauffage, d'aération... Exactement les conditions dans lesquelles sont longtemps restés deux appartements situés dans l'immeuble de Philippe Evrard. Résultat : il y a deux ans, avec les autres copropriétaires, il a constaté des traces "anormales" sur les murs extérieurs et intérieurs. "Des efflorescences brunes sont progressivement apparues sur les murs, les étagères, les poutres ainsi qu'au niveau des encadrements de portes et de fenêtres", se souvient-il. Des "efflorescences brunes", l'un des signes visibles de la présence de la mérule mais pas le seul, comme l'explique Isabelle Le Bayon, responsable mycologique à l'institut technologique FCBA. "En général, explique-t-elle, on voit apparaître des plaques duveteuses blanches ou orangées semblables à des traces de moisissures. Dans certains cas, on peut également voir les parquets et les plinthes gondoler et sentir dans les lieux infestés une forte odeur de champignon". Autant de traces suspectes qui, selon Maria Lopez Diaz, nécessitent une "réaction rapide" de la part des propriétaires des lieux touchés.

Une éradication parfois longue et coûteuse

Première étape : faire venir sur place un diagnostiqueur pour "identifier" les zones infestées. "Le diagnostiqueur effectue une recherche de champignons dans les parties visibles et accessibles, sans démontage, dépose ni sondage destructifs" stipule le guide de prévention et de lutte contre les mérules édité en 2008 par l'Anah. Si la présence de mérules est avérée, il convient ensuite de contacter un expert afin d'examiner les lieux et de déterminer les mesures à prendre pour éradiquer le champignon. Agir oui, mais pas avant d'avoir résolu le problème d'humidité dans le bâtiment. "La clé du succès est d'éliminer l'humidité car sans elle, le champignon ne peut pas se développer", insiste Maria Lopez Diaz.


Mérules - champignons murs © DR

 Une fois le taux d'humidité ramené à la normale, il est conseillé de faire appel à une entreprise spécialisée pour réparer les bois dégradé et les traiter à l'aide de produits fongicides. Travaux d'assainissement, mesures d'assèchement... Des opérations coûteuses, comme le déplore Philippe Evrard, président du conseil syndical de son immeuble : "On nous réclame 63.000 € pour traiter les zones infestées, s'insurge-t-il. C'est deux fois le prix que coûte l'un des appartements de l'immeuble !" En attendant de trouver un devis moins cher et compte-tenu des nombreux travaux réalisés (dépose du plancher, réfection de la toiture et des enduits de façade), il continue à intervenir lui-même localement.

Seul contre les mérules

Prendre en charge le problème lui-même, c'est également ce qu'a fait Jean-Louis. Des travaux qui l'ont conduit à défigurer sa maison : "en déposant les boiseries qui avaient été repérées par les experts, j'ai mis à jour d'autres boiseries infestées, raconte-t-il. De dépose en démontage, j'ai fini par détruire les deux planchers d'étage et tout ce qui était posé dessus : meubles, cloisons, installations électriques, etc, si bien que je voyais mon toit depuis le sous-sol". Des travaux qui, six ans après avoir été commencés, ne sont actuellement pas terminés. Après avoir refait l'étanchéité des murs et posé un plancher béton, Jean-Louis doit maintenant refaire tout l'aménagement intérieur qui a, lui-aussi, dû être déposé en même temps que les planchers. Au moment de l'achat, il avait pourtant détecté une trace d'humidité anormale. A ce moment-là, personne, pas même le diagnostiqueur qu'il avait fait venir sur place, ne l'avait mis sur la piste des mérules...

Pour voir les dégâts causés par les mérules chez Philippe et Jean-Louis, les deux témoins de Maison à part, cliquez sur suivant.

Pour consulter le guide de prévention et de lutte contre les mérules édité par l'Anah, cliquez ici.

Et pour accéder à la liste des entreprises de traitement certifiées CTB A+, cliquez sur le : www.ctbaplus.fr

*Source : Carte de France établie par l'Institut Technologique FCBA à partir des déclarations des entreprises de traitement certifiées CTB A+

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