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Lalique : l'art du verre à la française

Par C.Chahi
,
le 1 février 2010
La maison Lalique célèbre cette année les 150 ans de la naissance de son fondateur. Un événement marqué par le lancement d'une collection hommage qui réédite et réinterprète les plus belles pièces du verrier. Retour sur le parcours d'un homme généralement présenté comme étant le "Rodin des transparences".
Bijoux, parfums, objets d'art, sculptures, tentures, réalisations architecturales... Durant sa carrière, René Lalique aura décidément exploré de multiples domaines. Le premier sur la liste est celui de la joaillerie, un univers grâce auquel il a d'ailleurs pu montrer ses talents de dessinateur. Résolument originaux, les bijoux qu'il invente lui permettent de se faire remarquer par de grandes maisons telles que Cartier, Boucheron, Jacta... Fort de son succès, il ouvre son atelier en 1886 avec pour objectif de fabriquer ses propres créations.
Alors que tous les bijoutiers de l'époque proposent des parures exubérantes ornées d'une profusion de pierres précieuses, Lalique, lui, préfère se tourner vers d'autres matériaux comme que corne, l'ivoire ou encore l'émail. En termes de style, il se distingue également des autres en optant pour des motifs nouveaux empruntés tantôt au monde végétal, tantôt au monde animal. Ses créations mettent aussi à l'honneur la femme, par le biais de représentations allégoriques. Très vite, nombreux sont ceux qui, à l'instar de l'actrice Sarah Bernard, tombent sous le charme de ses pièces, souvent qualifiées de "véritables chefs d'œuvre" de l'Art Nouveau.
Effets de transparence
René Lalique à son bureau.
Lalique © Lalique
René Lalique à son bureau.
 
A l'heure de l'Exposition Universelle de 1900, Lalique a quarante ans et est alors un bijoutier connu et reconnu dans le monde entier. Une gloire dont il décide, contre toute attente, de se détourner pour assouvir sa passion naissante pour le verre. Depuis 1890 en effet, date à laquelle il a commencé à l'introduire dans ses créations, cette matière le fascine et il s'y consacre à corps perdu : objets de décoration pour la maison, flacons de parfums pour François Coty... "Je travaillais sans relâche (...) avec la volonté d'arriver à un résultat nouveau et de créer quelque chose qu'on aurait pas vu encore", confiait-il à la fin de vie. En 1911, la rupture avec la joaillerie est consommée : désormais, il se consacre entièrement au travail du verre. Une reconversion extrêmement rapide, comme le souligne les brochures éditées en son hommage à l'occasion des 150 ans de sa mort. "En quelques années, rapportent-elles, il avait acquis une connaissance complète du verre, matière protéiforme dont il allait contrôler jusqu'à sa mort, les effets de transparence et de reflets".
Souhaitant étoffer sa production, Lalique loue une verrerie à Combs-la-Ville en région parisienne mais les locaux deviennent vite trop exigus et il doit déjà chercher un autre lieu de production. Finalement, l'usine de ses rêves voit le jour à Wingen-sur-Moder, en Alsace, sur un terrain de 6 hectares. Vases, coupes, luminaires, objets pour la table, statuettes... Toutes les pièces qui en sortent interpellent par leur complexité, laissant apparaître d'étonnants contrastes entre "verre transparent" et "verre satiné".
Du verre au cristal...
Vase "Bacchantes" opale.
Lalique © Lalique
Vase "Bacchantes" opale.
 
Entre 1925 et 1939, Lalique est sollicité partout dans le monde en tant que maître verrier. On lui confie la décoration de la salle à manger de première classe du fameux paquebot Normandie, de l'intérieur d'une église à Jersey, du palais d'un Prince Impérial japonais devenu aujourd'hui le musée Teien de Tokyo... Et on va même jusqu'à lui faire dessiner des bouchons de radiateurs pour agrémenter des voitures.
Lalique meurt le 5 mai 1945 mais l'entreprise lui survit grâce à son fils, Marc, qui lui succède. Il remplace le verre par le cristal dont il parvient, comme son père, à tirer les meilleurs avantages tant sur le plan technique qu'esthétique. A son décès, c'est Marie-Claude Lalique, sa fille, qui reprend les rennes de la société. Lalique passera ensuite entre les mains du groupe Pochet et Silvio avant d'être racheté par la société suisse Art & Fragance qui en est propriétaire depuis février 2008.
Aujourd'hui, 150 ans après le décès de leur inventeur, les créations estampillées Lalique restent des références dans le monde entier. Elles suscitent toujours un vif intérêt dans le milieu des collectionneurs et sont exposées dans de nombreux musées : au Musée des Arts Décoratifs, à Paris, au Musée Calouste Gulbenkian, à Lisbonne ou encore au Victoria and Albert Museum, à Londres...
Pour découvrir quelques-unes des pièces qui ont fait et continuent à faire le succès de Lalique, cliquez sur suivant.
Lalique
Lalique © Lalique
 Bio Express
1860 : René Lalique nai t à Aÿ en Champagne
1876 : Il entre comme apprenti chez le fabricant-bijoutier Louis Aucoc, à Paris
1882-1885 : Il créé des bijoux pour Cartier, Boucheron, Jacta... et commence à se faire un nom dans le milieu des joailliers
1886 : Lalique reprend l'atelier de Jules Destape, place Gaillon, à Paris, et y fabrique ses propres créations
1890 : Il ouvre un nouvel atelier au 20, rue Thérèse dans le quartier de l'Opéra et commence à s'intéresser au verre
1897 : il reçoit la Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur
1900 : il participe à l'Exposition Universelle, sa carrière est alors à son apogée
1909 : Lalique loue une verrerie à Combs-la-Ville, en région parisienne
1911 : Première exposition Place Vendôme consacrée exclusivement au verre
1919 : Il ouvre une usine à Wingen-sur-Moder, en Alsace
1925 : Lalique expose ses pièces aux Arts Décoratifs, à Paris
1925-39 : Paquebot "Normandie", église St Matthew à Jersey... Le verrier multiplie les collaborations à travers le monde
1925-39 : René Lalique meurt le 5 mai, à Paris
Lalique : l'art du verre à la française

René Lalique - Lalique : l'art du verre à la française

René Lalique - Lalique
René Lalique - Lalique © Lalique
René Lalique & sa femme Augustine Alice-Ledru en 1903.
René Lalique - Lalique : l'art du verre à la française

Usine - Lalique : l'art du verre à la française

Usine - Lalique
Usine - Lalique © Lalique
Après avoir longtemps loué des ateliers à Combs-la-Ville en région parisienne, René Lalique installe son usine en 1919 à Wingen-sur-Moder, en Alsace.
Usine - Lalique : l'art du verre à la française

Lalique & le dessin

Lalique & le dessin - Lalique
Lalique & le dessin - Lalique © Lalique
Lalique eu toujours un goût prononcé pour le dessin. C'est grâce à la joaillerie qu'il pu montrer ses talents dans le domaine.
Lalique & le dessin

Lalique & les bijoux

Lalique & les bijoux - Lalique
Lalique & les bijoux - Lalique © Lalique
Lalique s'est vite imposé comme le maître du bijou "Art Nouveau". En termes de style, il se distingue des bijoutiers de l'époque en optant pour des motifs nouveaux empruntés tantôt au monde végétal, tantôt au monde animal.
Lalique & les bijoux

Lalique & le parfum

Lalique & le parfum - Lalique
Lalique & le parfum - Lalique © Lalique
C'est sollicité par François Coty que Lalique se lance, à partir de 1905, dans l'aventure du parfum.
Ci-contre est présenté le flacon "Ambre Antique ", créé en 1910 pour Coty.
Lalique & le parfum

Lalique & le verre

Lalique & le verre - Lalique
Lalique & le verre - Lalique © Lalique
A partir de 1910, Lalique délaisse progressivement le bijou pour ne plus s'intéresser qu'au verre. "En quelques années, témoignent les spécialistes, il avait acquis une connaissance complète du verre".
Lalique & le verre

Lalique et l'architecture

Lalique et l'architecture - Lalique
Lalique et l'architecture - Lalique © Lalique
Entre 1925 et 1939, Lalique est sollicité partout dans le monde en tant que maître verrier. On lui confie la décoration de la salle à manger de première classe du fameux paquebot Normandie, de l'intérieur d'une église à Jersey, du palais d'un Prince Impérial japonais devenu aujourd'hui le musée Teien de Tokyo...
Ci-contre, les portes du Palais Teien.
Et pour découvrir quelques unes des pièces en cristal estampillées Lalique et devenues cultes, cliquez sur suivant.
Lalique et l'architecture

Coupe Roses - Lalique : l'art du verre à la française

Coupe Roses - Lalique
Coupe Roses - Lalique © Lalique
Coupe en cristal incolore
Dimensions : H. 8 cm x L. 24,5 cm
Poids : 2,61 kg
Coupe Roses - Lalique : l'art du verre à la française

Flacon Clairefontaine - Lalique : l'art du verre à la française

Flacon Clairefontaine - Lalique
Flacon Clairefontaine - Lalique © Lalique
Flacon en cristal incolore
Dimensions : H. 11,5 cm
Flacon Clairefontaine - Lalique : l'art du verre à la française

Lustre Champs-Elysées

Lustre Champs-Elysées - Lalique
Lustre Champs-Elysées - Lalique © Lalique
Lustre en cristal incolore; Modèle existe en 1 ou 2 rangs.
Dimensions : H. 25,5 x Diam. 54 cm
Poids : 19,50 kg
Lustre Champs-Elysées

Presse-papiers Chrysis

Presse-papiers Chrysis - Lalique
Presse-papiers Chrysis - Lalique © Lalique
Presse-papiers en cristal incolore
Dimensions : H. 13,5 cm
Presse-papiers Chrysis

Service Langeais - Lalique : l'art du verre à la française

Service Langeais - Lalique
Service Langeais - Lalique © Lalique
Service en cristal incolore comprenant un broc, une carafe, des flûtes, des verres à eau et des verres à bordeaux.
Service Langeais - Lalique : l'art du verre à la française

Table Cactus - Lalique : l'art du verre à la française

Table Cactus - Lalique
Table Cactus - Lalique © Lalique
Table en cristal incolore
Dimensions : H. 70 x Diam. 140/160 cm
Poids : 144 kg
Table Cactus - Lalique : l'art du verre à la française

Vase Mossi - Lalique : l'art du verre à la française

Vase Mossi - Lalique
Vase Mossi - Lalique © Lalique
Vase en cristal incolore
Dimensions : H. 21 x Diam. 17,8 cm
Poids : 3,5 kg
Vase Mossi - Lalique : l'art du verre à la française
 
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