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Construction en bois : les malfaçons les plus courantes en images

Par F.L.
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le 17 février 2020
Malfaçons construction bois, AQC
Malfaçons construction bois, AQC © AQC
Vous faîtes construire une maison à ossature bois ? Attention à certaines malfaçons qui peuvent compromettre la qualité, voire la sécurité, du bâtiment. Zoom en images sur ces mauvaises pratiques qui doivent vous alerter.
Humidité et infiltration d'eau, exposition aux UV, mauvaise maîtrise du risque incendie... sont quelques-unes des malfaçons les plus couramment recensées sur les constructions en bois. Dans le cadre du programme Pacte, l'Agence qualité construction (AQC) vient d'éditer un guide concernant les points d'alerte, techniques et organisationnels, lorsque l'on construit un bâtiment en bois, surtout résidentiel. Ces malfaçons font souvent référence à des construction de plus de huit mètres de hauteur, mais elles concernent également les constructions de maisons individuelles.

L'agence alerte donc sur plusieurs points, photos à l'appui. Stocker le bois à l'extérieur, par exemple, l'expose aux UV et risque d'entrainer une décoloration. Dans le même registre, des problèmes d'humidité peuvent également poser problème, mais certains comportements ou certaines procédures mises en oeuvre sur le chantier dans le respect relatif des règles peuvent aussi être sources de malfaçons. Les images montrent ainsi des exemples de non-qualité souvent rencontrés, et dans certains cas, la bonne pratique qu'il aurait fallu mettre en place.


Petit tour d'horizon des points abordés par l'AQC, ainsi que son commentaire technique.
Construction en bois : les malfaçons les plus courantes en images

Attention à l'exposition aux rayons UV

Attention à l'exposition aux rayons UV - Malfaçons construction bois, AQC
Attention à l'exposition aux rayons UV - Malfaçons construction bois, AQC © AQC
Des panneaux massifs lamellés-croisés ont changé de teinte suite à leur exposition aux UV, après 2 jours de stockage sans pouvoir être installés.

Il faut, selon l'AQC :
  • éviter de stocker les bois en extérieur ; s'ils doivent l'être pour des raisons imprévues, il faut superposer exactement les panneaux pour éviter des décolorations sur les parties non recouvertes par les panneaux supérieurs ;
  • protéger systématiquement les parties de bois qui resteront visibles (planchers, panneaux verticaux, parties basses des poteaux, angles de murs etc.) en adaptant la protection au risque encouru (eau, UV, chocs) ;
  •  utiliser des pare-pluie anti-UV dont la durée de vie est adaptée.

Ce qu'il aurait fallu, par exemple, faire :

Malfaçons construction bois, AQC
Malfaçons construction bois, AQC © AQC
 
Attention à l'exposition aux rayons UV

Maîtriser l'hygrométrie du bois

Maîtriser l'hygrométrie du bois - Malfaçons construction bois, AQC
Maîtriser l'hygrométrie du bois - Malfaçons construction bois, AQC © AQC
Ici, suite à des infiltrations d'eau, des traces d'efflorescences restent visibles à la jonction plafond - linteau - poteau.

L'Agence produit une série de recommandations pour éviter ce type de soucis, comme protéger les bois sur chantier, contrôler régulièrement l'hygrométrie des bois ou encore bien aérer le bâtiment après la réalisation d'éléments en filière humide.

Ce qu'il aurait fallu faire :

Malfaçons construction bois, AQC
Malfaçons construction bois, AQC © AQC
 
Maîtriser l'hygrométrie du bois

Projections de peinture

Projections de peinture - Malfaçons construction bois, AQC
Projections de peinture - Malfaçons construction bois, AQC © AQC
Des traces de projections de peinture sont visibles sur le plafond en bois qui a mal été protégé.

L'AQC invite ainsi les peintres "protéger des projections de peinture les parois en bois qui resteront visibles (bâches en pourtour des plafonds, bas et haut des poteaux etc.)".

Ce qu'il aurait fallu faire :

Malfaçons construction bois, AQC
Malfaçons construction bois, AQC © AQC
 
Projections de peinture

Maîtrise du risque feu en phase chantier

Maîtrise du risque feu en phase chantier - Malfaçons construction bois, AQC
Maîtrise du risque feu en phase chantier - Malfaçons construction bois, AQC © AQC
Sur cette image, la flamme du chalumeau utilisé pour étancher la toiture terrasse est orientée vers une paroi en bois. L'AQC rappelle qu'il n'existe pas de réglementation propre à limiter le risque feu en phase chantier. Les conseils avancés sont toutefois les suivants :
  • privilégier les procédés sans flamme ;
  • éloigner les sources de chaleur des matériaux combustibles comme le bois ;
  • anticiper toutes les sources d'incendie, qui peuvent être multiples et intervenir pendant les différentes phases du chantier : travaux par points chauds (opérations génératrices d'étincelles, flammes ou de surfaces chaudes, tels que les découpages, meulages, soudures, étanchéités bitumineuses à chaud,...) mais aussi les autres sources de chaleur telles que l'utilisation d'équipements de chauffages ou d'éclairages temporaires ;
  • mettre en place une procédure de permis feu pour tous les travaux par points chauds ;
  • identifier un responsable qui fasse le tour du bâtiment pour vérifier tous les points chauds après le départ des compagnons.
Ce qu'il aurait fallu faire :

Malfaçons construction bois, AQC
Malfaçons construction bois, AQC © AQC
 
Maîtrise du risque feu en phase chantier

Passage des réseaux

Passage des réseaux - Malfaçons construction bois, AQC
Passage des réseaux - Malfaçons construction bois, AQC © AQC
Ici, en phase chantier, une saignée a dû être réouverte pour passer des câbles de désenfumage qui avaient été oubliés. "Comme dans toute construction préfabriquée, pour celle en matériau bois, la phase études ne se résume pas à un volume qui sera détaillé ultérieurement", note l'AQC dans son guide.

"Les détails de construction (assemblages, passage des fluides et des réseaux etc.) sont réalisés très en amont - dès la phase esquisse - et sont constamment mis à jour en fonction des évolutions, pour des questions de préfabrication et d'industrialisation. Cela implique beaucoup d'allers-retours entre entreprises, maîtrise d'œuvre et contrôleur technique."

Ce qu'il aurait fallu faire :

Malfaçons construction bois, AQC
Malfaçons construction bois, AQC © AQC
 
Passage des réseaux

Bonne pratique contre le risque incendie

Bonne pratique contre le risque incendie - Malfaçons construction bois, AQC
Bonne pratique contre le risque incendie - Malfaçons construction bois, AQC © AQC
Ici, un boudin de calfeutrement contre le risque feu a été positionné à la jonction bois - béton. Ce n'est bien sûr pas une malfaçon, mais une bonne pratique ici présentée par l'AQC.

L'un des moyens de maîtriser le risque feu dans une construction bois est "d'exécuter avec soin les cueillies, nez de dalles, cloisons etc., et calfeutrer l'ensemble des jonctions entre éléments (assemblages bois/métal, bois/béton, espaces entre panneaux bois, pénétrations des réseaux et des fluides) avec des produits dont les performances en situation d'incendie ont été validées".
Bonne pratique contre le risque incendie

Bonne pratique pour alerter les autres corps d'état

Bonne pratique pour alerter les autres corps d'état - Malfaçons construction bois, AQC
Bonne pratique pour alerter les autres corps d'état - Malfaçons construction bois, AQC © AQC
Sur cette image apparaît une alerte à destination de tous les compagnons sur la présence de murs finis en bois apparent. Ce n'est bien sûr pas une malfaçon, mais une bonne pratique ici présentée par l'AQC.

Il faut ainsi, selon l'agence, "bien définir les limites de prestation pour les lots de 2nd œuvre et d'agencement entre ce qui est en bois fini et ce qui ne l'est pas". "Pour les chantiers complexes aux nombreuses interactions entre corps d'état, prévoir les travaux de finition des éléments bois (égrenage, lasure) à la charge, par exemple, du lot peinture."
Bonne pratique pour alerter les autres corps d'état

Bonne pratique en matière de prototypage

Bonne pratique en matière de prototypage - Malfaçons construction bois, AQC
Bonne pratique en matière de prototypage - Malfaçons construction bois, AQC © AQC
Prototype de mur ossature bois permettant de valider, entre autres choses, le mode de fixation des bandeaux d'habillage en façade. Ce n'est, là encore, pas une malfaçon, mais une bonne pratique ici présentée par l'AQC.

"Des prototypes/salles témoins de parties de bâtiment à l'échelle 1 (façades et planchers notamment) sont très fréquemment réalisés pour s'assurer de la conformité de la conception et pour identifier les éventuels problèmes de mise en œuvre technique, de sécurité, d'interfaces, etc.", explique l'AQC. "Ils peuvent également servir à la réalisation d'essais de performance in situ. Leur réalisation avant la mise en production et avec les personnes qui feront la mise en œuvre sur chantier a un fort impact positif sur le phasage et le planning du projet." L'agence recommande ainsi de "bien verrouiller dans les marchés le périmètre du prototype (dimension, localisation sur le chantier, période de réalisation, jalons etc.)".
Bonne pratique en matière de prototypage
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