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Lampes fluo-compactes : une distance de 30 cm requise en utilisation prolongée

Par Pauline Polgar
,
le 28 juin 2010
lampe basse consommation economie d'energie
lampe basse consommation economie d'energie © DR
Alors que la progressive disparition des lampes à incandescence est désormais engagée, l'Ademe, dans un avis rendu public ce 24 juin, recommande l'utilisation des lampes fluo-compactes dans l'habitat. Mais, pour des "raisons de confort et de précaution", elle invite au maintien d'une distance de 30 cm, lors des utilisations prolongées.
Une lampe fluo-compacte (LFC), oui, mais pas pour sa lampe de chevet ou pour son bureau. Dans son avis rendu public le 24 juin dernier, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), recommande en effet l'utilisation de ces lampes, qui "respectent les recommandations internationales, en usage courant" ; présentent "l'alternative la plus crédible pour remplacer les lampes à incandescence"; et enfin, sont porteuses de nombreuses qualités d'un point de vue environnemental, comme "leur efficacité énergétique, leur longue durée de vie et le fait qu'elles soient recyclables". Mais invite l'usager à se tenir à au moins 30 cm d'elle, en utilisation prolongée.
En effet, l'Ademe - qui ne nie pas, par ailleurs, certains points faibles : "coûts encore élevés, présence de mercure et certains modèles ne sont pas adaptables à tous les éclairages" - s'est interrogé sur l'émission de champs électromagnétiques, à l'origine d'une polémique récurrente autour des LFC. Sur ce point, elle se range derrière l'étude qu'elle a commandée au Centre des sciences et techniques du bâtiment (CSTB) pour rendre son avis* : "La méthodologie adoptée ne permet pas d'établir de mesures fiables et donc de tirer des conclusions, explique-t-elle. Un protocole de mesures plus complexe est nécessaire." Et donc de recommander aujourd'hui, principe de précaution oblige on l'imagine, "de respecter une distance minimale de 30 cm entre l'utilisateur et la lampe dans le cas d'une utilisation prolongée (poste de travail, lieu de repos)", une recommandation à des "fins de précaution et de confort".

Des questions sans vraie réponse

Un avis de l'Ademe, d'autant plus important et attendu, que les LFC sont actuellement, comme déjà précisé, les principales remplaçantes des lampes à incandescence, condamnées à une disparition progressive, d'ici à 2012, par l'Union Européenne. Une voie royale pour un succès attendu. Mais deux points noirs sont venus entachés cette route toute tracée : la présence de mercure, un composant toxique, dans leur fabrication et, les émissions de champs électromagnétiques. Fin 2007, alors que le vent tournait définitivement en leur faveur, les LFC avaient en effet connu un début de polémique : en septembre de cette année-là, le Criirem - Centre de recherche et d'information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques, qui s'est fait connaître notamment avec ses études sur la téléphonie mobile - avait mis en garde les consommateurs contre un important rayonnement électromagnétique mis en évidence dans son étude d'alors, à courte distance. Une information qualifiée à l'époque d'"exagérée" par l'Ademe, que Maison à part avait interrogée, puis "non justifiée" et démentie par l'Association Française de l'éclairage. Les enjeux économiques en présence étaient également à ce moment-là très pesants : la décision de retirer les lampes à incandescence était en effet en train de se forger...

Utilisation prolongée : pas à moins de 30 cm

Aujourd'hui, le discours est donc légèrement différent pour l'Ademe, qui s'appuie sur l'étude du CSTB pour préciser qu'en usage courant (à partir de 30 cm) et pour tous les modèles évalués, le champ électromagnétique émis par une LFC est inférieur à la limite d'exposition, fixée par la commission internationale sur la radioprotection non ionisante, et reprise par le Conseil de l'UE. Mais qui préfère recommander d'éviter une lampe de chevet ou de bureau équipée de LFC, puisqu'en dessous de la limite de 30 cm, les mesures n'ont pas pu être prises...
Certains points restent donc encore flous, pour éviter, sans doute, d'entrer dans une polémique qui n'a, peut-être, pas lieu d'exister - 30 cm reste une distance plutôt courte et l'on dort rarement la tête dans son abat-jour - et qui nécessite des recherches beaucoup trop complexes. Cela n'empêchera donc pas les LFC d'avoir une longue vie devant elles, d'autant plus après les progrès récents réalisés par les industriels, qui ont gommé les défauts originels, comme le temps d'allumage ou la froideur de l'éclairage. Consommant cinq fois moins qu'une ampoule classique et durant bien plus longtemps, la lampe fluo-compacte offre désormais selon l'Ademe, "un confort d'éclairage analogue à celui des lampes incandescentes". Et de préciser, citant des chiffres de l'organisme de recyclage Récylum, qu'en 2009, 74 millions de LFC, tout usage confondu (domestique ou professionnel) ont été déclarées mises sur le marché.
Voir l'avis de l'Ademe
*Voir l'étude du CSTB
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