L'HABITAT SOUS TOUS LES ANGLES

Les exigences de la RT 2012

le 12 mars 2013
La nouvelle réglementation thermique, généralisée à l'ensemble des constructions neuves depuis le 1er janvier 2013, fait évoluer les exigences dans le secteur de la construction. Petit point sur les grands objectifs et les règles qui régissent la fameuse RT 2012.
"Toutes les constructions neuves faisant l'objet d'une demande de permis de construire déposée à compter de la fin 2012 et, par anticipation à compter de la fin 2010, s'il s'agit de bâtiments publics et de bâtiments affectés au secteur tertiaire, présentent une consommation d'énergie primaire inférieure à un seuil de 50 kwh/m2/an en moyenne". Voilà la base - tirée de l'article 4 de la loi du 3 août 2009 relative à la mise en œuvre du Grenelle de l'environnement - de la nouvelle réglementation entrée en vigueur le 1er janvier 2013.
Pour l'heure, la RT 2012 ne concerne donc que les bâtiments publics et du tertiaire mais, à terme, elle s'appliquera à la construction de tous les bâtiments neufs sans exception. A noter qu'il faut déjà la respecter dans le cadre de travaux de rénovation et ce, à partir du moment où une demande de permis de construire doit être déposée en mairie.

Réglementation d'objectifs

Pour rappel, les réglementations thermiques ont été instaurées en 1974, au moment de la première crise du pétrole, afin de réduire les consommations d'énergie. Depuis, dans la construction neuve, elles ont été réduite par 2 ; avec le Grenelle de l'environnement, l'objectif est une division par 3, et ce notamment grâce à la RT 2012. Pour atteindre le seuil moyen de référence de 50 kwh/m2/an, la RT 2012 se veut avant tout une réglementation d'objectifs : de résultats d'une part, de moyens d'autre part.
La RT 2012 comporte ainsi trois exigences de résultats : besoin climatique ; consommation d'énergie primaire ; confort d'été. A ceux-ci viennent s'ajouter quelques exigences de moyens : recours aux EnR ; traitement des ponts thermiques ; perméabilité à l'air ; surface minimale de baie vitrée ; système de protection solaire ; mesure des consommations d'énergie par usage...
Découvrez en pages suivantes ce que recouvre chacune de ces exigences.
Les exigences de la RT 2012

Première exigence : le besoin bioclimatique ou Bbio max

bbio
bbio © Ministère de l'Ecologie
L'efficacité énergétique minimale du bâti est exprimée par le besoin bioclimatique, appelé "Bbio max". Ce coefficient spécialement créé pour la RT 2012 correspond à une exigence de limitation simultanée du besoin en énergie pour les trois usages de chauffage, refroidissement et éclairage. Il rend également compte de la qualité de la conception et de l'isolation du bâtiment, indépendamment du système de chauffage.
Enfin, il a pour finalité de valoriser la conception bioclimatique du bâti* et remplace définitivement le coefficient Ubat de la RT 2005, qui ne prenait en compte que le seul niveau d'isolation du bâti.
Le Bbio max est modulé en fonction de la typologie du bâtiment, de sa localisation géographique et de son altitude. Pour les maisons individuelles ou accolées, une modulation permet en outre de tenir compte de la surface, afin de ne pas pénaliser les petites constructions.
"(...) Le Bbio est une première étape. Il correspond du reste au souhait des concepteurs de disposer d'une approche bioclimatique avant d'avoir choisi l'ensemble des systèmes pour leur projet. C'est un premier cadrage qui leur permettra de savoir si leur bâtiment tient la route ou pas", précise, sur le site du CSTB, Jean-Robert Millet, responsable de la division Energie, qui a mis au point la méthode de calcul du Bbio.

Méthode de calcul :

Bbio max = Bbio maxmoyen x (Mbgéo + Mbalt + Mbsurf)
- Bbio maxmoyen : valeur moyenne du Bbio max définie par type d'occupation du bâtiment ou de la partie de bâtiment et par catégorie CE1/CE2
- Mbgéo : coefficient de modulation selon la localisation géographique
- Mbalt : coefficient de modulation selon l'altitude
- Mbsurf : pour les maisons individuelles ou accolées, coefficient de modulation selon la surface moyenne des logements du bâtiment ou de la partie de bâtiment
Source : RT 2012 - Ministère de l'Ecologie
*Une architecture bioclimatique doit tenir compte de la forme du bâtiment (forme simple, silhouette compacte), de son orientation (privilégier les zones de vie et vitrées au sud/sud-ouest). Elle doit aussi prévoir des volumes tampons au nord, comme le garage, la buanderie ou les toilettes. Pour en savoir plus sur l'architecture bioclimatique, découvrez notre article dédié.
Première exigence : le besoin bioclimatique ou Bbio max

Deuxième exigence : la consommation d'énergie primaire ou Cep max

cep max
cep max © Ministère de l'Ecologie
Le Cep max est l'objectif de valeur moyenne de 50 kwh/m2/an pour les cinq usages de chauffage, eau chaude sanitaire, refroidissement, éclairage et auxiliaires (ventilateurs, pompes), déduction faite de la production d'électricité à demeure. Il est modulé en fonction de l'usage et la catégorie de bâtiment, de la zone climatique, de l'altitude, de la surface moyenne des logements, des émissions de gaz à effet de serre des énergies utilisées dans le cas du recours aux solutions bois et réseaux de chaleur. Ceci afin de limiter leur utilisation au profit de sources renouvelables.
Pour les logements collectifs, le coefficient est temporairement augmenté de 7.5 kwh/m2/an jusqu'au 1er janvier 2015. "A cela deux raisons : l'équation investissement/économies d'énergie est moins favorable dans le logement collectif que dans la maison individuelle ; la filière industrielle doit nécessairement s'adapter sur le plan technologique pour fournir des matériels adaptés au collectif, à l'instar des pompes à chaleur plus performantes et à coût maîtrisé", explique le cabinet d'études Développement Construction.
Le calcul du Cep max se fait de la manière suivante :
Cep max = 50 x Mctype x (Mcgéo + Mcalt + Mcsurf + McGES)
- Mctype : coefficient de modulation selon le type de bâtiment ou de partie de bâtiment et sa catégorie CE1/CE2
- Mcgéo : coefficient de modulation selon la localisation géographique
- Mcalt : coefficient de modulation selon l'altitude
- Mcsurf : pour les maisons individuelles ou accolées, coefficient de modulation selon la surface moyenne des logements du bâtiment ou de la partie de bâtiment
- McGES : coefficient de modulation selon les émissions de gaz à effet de serre des énergies utilisées, pour le bois-énergie et les réseaux de chaleur et de froid faiblement émetteurs en CO2.
Source : RT 2012 - Ministère de l'Ecologie
Deuxième exigence : la consommation d'énergie primaire ou Cep max

Troisième exigence : le confort d'été

energie
energie © Fotolia
Il s'agit d'une exigence sur la température intérieure conventionnelle (Tic) atteinte au cours d'une séquence de cinq jours chauds. Elle doit être inférieure à une température intérieure de référence. Ainsi, la RT 2012 définit des catégories de bâtiments dans lesquels il est possible d'assurer un bon niveau de confort en été sans avoir recourir à un système actif de refroidissement.
C'est le problème majeur des habitats étanches et bien isolés qui permettent à la chaleur de vite s'installer mais d'être plus difficile à déloger. Plutôt que la climatisation, les systèmes de protection solaire jouent pleinement leur rôle, tels que les brise-soleil, les volets et autres "casquettes", de même que les aérations naturelles et l'inertie thermique s'imposent.
Notez bien que la climatisation n'est pas incompatible avec la RT 2012, dès lors que le niveau de consommation conventionnelle d'énergie primaire (Cep) du bâtiment reste sous le seuil de référence. Selon une étude BTP Banque pour le magazine Bâtimétiers (n° 29 - décembre 2012), "un léger dépassement de consommation est admis pour les bâtiments dont les fenêtres ne peuvent pas êtres ouvertes pour des raisons d'exposition au bruit".
Troisième exigence : le confort d'été

Energies renouvelables (EnR)

panneaux
panneaux © CL-Batiactu
Leur recours est obligatoire en maisons individuelles ou accolées. Alternative les systèmes d'eau chaude sanitaire thermodynamique ou à micro-génération.
En soi, n'importe quelle énergie peut être employée dans le cadre d'une construction RT 2012, souligne l'étude BTP Banque/Bâtimétiers. "Mais le taux de conversion utilisée pour exprimer les consommations en énergie primaire limitent certaines applications de l'énergie électrique, comme l'effet joule, d'où l'intérêt des équipements thermodynamiques (PAC), dont le coefficient de performance compense le taux de conversion de l'énergie consommée en énergie primaire". Et de rappeler que, dans la pratique, la zone climatique doit être un élément à prendre en compte pour le choix de l'équipement.
Les solutions pour le chauffage pourraient être le poêle ou l'insert à bois ou la géothermie. Pour l'eau chaude sanitaire (ECS), le solaire thermique ou la pompe à chaleur aérothermique semblent de bonnes solutions. Quant au photovoltaïque, il demeure une solution d'avenir, même s'il est pour le moment encore un investissement lourd.
Energies renouvelables (EnR)

Ponts thermiques et étanchéité à l'air

test étanchéité air
test étanchéité air © AM
Le traitement des ponts thermiques significatifs est une obligation dans la RT 2012. Cela passe par une isolation des sols, murs et toiture, que ce soit par l'extérieur ou l'intérieur.
La RT 2012 impose aussi la généralisation, pour le logement individuel et collectif, du principe de test de l'étanchéité à l'air du bâtiment pour garantir le principe de mise en œuvre. Ce test obligatoire est réalisé en occultant les entrées d'air et bouches d'extraction du système de ventilation et en mettant la maison en surpression ou dépression. Il permet de quantifier les entrées ou sorties d'air parasites.
Quid du test intermédiaire ? "Avec le test d'étanchéité à l'air obligatoire, l'entreprise est tenue à une performance qui résulte de la bonne exécution de toutes les étapes du projet. Mais on ne peut pas attendre la réception des travaux pour s'apercevoir que le résultat n'est pas atteint", indique à juste titre un intervenant à l'étude BTP Banque. Le test intermédiaire doit agir comme un "voyant" qui rassure tous les acteurs et intervenants de la construction.
Ponts thermiques et étanchéité à l'air

Surfaces vitrées - Les exigences de la RT 2012

porte fenêtre nuages
porte fenêtre nuages © og-vision/Fotolia
La RT 2012 exige l'obligation de respecter une surface minimale de baies vitrées - 1/6 de la surface habitable - en vue de garantir le confort d'habitation et la qualité de l'architecture en bâtiment d'habitation. Cette obligation doit aussi permettre de favoriser l'éclairage naturel et ainsi économiser l'électricité.
Les parois vitrées sont maintenant considérées à la fois pour leur capacité de transmission lumineuse mais également pour leurs fonctionnalités en termes d'isolation et d'apport de chaleur solaire. Afin d'effectuer le calcul du Bbio de la RT 2012 pour un bâtiment, il est donc nécessaire de disposer, pour chaque fenêtre, de ses caractéristiques techniques : facteur de transmission solaire (Sw), de transmission lumineuse (TLw) et de transmission thermique (Uw). Or, ces valeurs sont fonction des dimensions, des matériaux et des solutions employées. C'est pourquoi, le pôle Fenêtre de la FFB a mis en ligne le site « paroisvitreesrt2012.fr », un outil d'aide au calcul pour les professionnels.
Surfaces vitrées - Les exigences de la RT 2012

Bon usage du bâtiment

prix energie
prix energie © Fotolia
Est désormais obligatoire la mesure ou l'estimation des consommations d'énergie par usage (chauffage, refroidissement, production d'eau chaude sanitaire, réseau des prises électriques) ainsi que l'information de l'occupant, pour un bon usage du bâtiment.
"L'affichage doit être visible pour l'acquéreur et présenté poste par poste. En revanche, la loi ne se prononce pas sur l'unité d'affichage : la consommation affichée peut donc être réelle ou conventionnelle, et s'exprimer en énergie primaire ou en énergie finale", explique l'étude BTP Banque/Bâtimétiers. Et d'ajouter qu' "en pratique, cette obligation risque d'entraîner de nombreux contentieux si l'affichage n'est pas clairement expliqué". Un livret de bonnes pratiques devrait être remis systématiquement à l'utilisateur... La Fédération du bâtiment juge qu'il vaut mieux s'en tenir à la consommation conventionnelle.
Quid de la consommation conventionnelle ? L'Ademe précise que ce sont des consommations calculées par rapport à des scénarios d'usage type des logements (temps de présence, température de consigne, nombre d'occupants en fonction de la surface, besoins d'eau chaude sanitaire, données météorologiques moyennées, ...). Elles ne correspondront donc pas forcément aux consommations relevées sur le compteur de l'usager. En effet, celles-ci dépendront de l'usage réel qui sera fait dans le logement et de la météo de l'année. A titre de comparaison, lors de l'achat d'une voiture neuve, les consommations de carburant indiquées correspondent à des tests réalisés dans des conditions précises alors que les consommations réelles dépendent ensuite de la manière dont on conduit. De plus, en raison de l'impossibilité de connaître à l'avance les consommations dites domestiques (four, télévision, ordinateur, machine à laver, ...), celles-ci n'entrent pas non plus dans ce calcul.
Bon usage du bâtiment
 
Recevez gratuitement
La newsletter Maison à Part
L'e-magazine de l'habitat sous tous les angles
Vous pouvez vous désabonner en un clic