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Les dépenses énergétiques creusent les inégalités sociales

Par M.D.
,
le 8 avril 2008
Les dépenses énergétiques pèsent 2,5 fois plus lourd dans le budget des ménages les plus pauvres que dans celui des plus aisés. Tel est le constat d'une récente étude de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), dont l'objectif est de développer la maîtrise de l'énergie pour limiter les inégalités sociales. Détails des résultats.
Les prix des combustibles fossiles ont augmenté de 3% par an en euros constants depuis 1995 et la demande globale d'énergie croît de 3,4% chaque année. Dans le même temps, la part des dépenses énergétiques dans le revenu des ménages les plus pauvres est passée de 10 à 15% entre 2001 et 2006. C'est ce qui ressort d'une étude de l'Ademe sur le poids des dépenses énergétiques dans le budget des ménages en France.
L'étude observe que si les ménages les plus pauvres consacrent 15% de leur revenu aux dépenses énergétiques, cette part est ramenée à 6% chez les plus aisés. Les causes de cette inégalité sont multiples : d'une part, l'Ademe constate que "le revenu de la population la plus aisée a augmenté plus vite que le prix des combustibles", la part des dépenses énergétiques dans leur budget a donc diminué.

Des logements plus énergivores

D'autre part, les ménages les moins solvables occupent "bien souvent les logements les plus dégradés et les moins performants", donc les plus énergivores. Ces familles doivent également aller habiter dans des zones excentrées car "le coût du foncier est très largement prohibitif" dans les grandes villes. Elles se trouvent ainsi "en état de dépendance complète à la voiture pour leurs déplacements contraints", et sont sensibles à l'augmentation du prix des carburants. D'ailleurs, les ménages tributaires de leur véhicule pour se rendre sur leur lieu de travail voient la part des dépenses énergétiques dans leur revenu augmenter d'un demi-point de pourcentage chez les plus aisés, contre deux points de pourcentage chez les plus pauvres.
"Accentuer les mesures ciblées"
Autre différence observée, celle entre les urbains et les ruraux. L'habitant d'une grande ville dispose d'un réseau de transports en commun dense et vit généralement en habitat collectif. Résultat, sa facture énergétique est inférieure de 44% à celle d'un habitant en zone rurale. Selon l'Ademe, la solution pour échapper à une hausse de sa facture énergétique est de réaliser "de substantiels investissements de maîtrise de l'énergie à la maison", et de choisir les modes de déplacement et des véhicules performants. Reste donc à rendre ces investissements abordables pour les ménages les plus pauvres. "Dans ce contexte, il est nécessaire aujourd'hui plus que jamais d'accentuer les mesures ciblées sur la précarité énergétique dans les politiques publiques de maîtrise de l'énergie et de lutte contre l'effet de serre", estime l'Ademe.
Les dépenses énergétiques creusent les inégalités sociales

Dépenses énergétiques des ménages par type d'énergie selon leur quintile* de revenu en pourcentage net d'IR

Ademe
Ademe © Ademe
* Les 20 % des ménages les plus pauvres composent le premier quintile de la population, noté Q1 dans les graphiques suivants. Les quintiles représentent chacun 1/5e de la population. Ils sont classés par ordre de grandeur des revenus des ménages. Ainsi le quintile Q5 regroupe le 1/5e des ménages les plus riches.
Dépenses énergétiques des ménages par type d'énergie selon leur quintile* de revenu en pourcentage net d'IR

Dépenses énergétiques des ménages selon leur commune de résidence en pourcentage de revenu net d'IR

Dépenses énergétiques des ménages selon leur commune de résidence en pourcentage de revenu net d'IR - Ademe
Dépenses énergétiques des ménages selon leur commune de résidence en pourcentage de revenu net d'IR - Ademe © Ademe
Dépenses énergétiques des ménages selon leur commune de résidence en pourcentage de revenu net d'IR

Dépense des ménages en gaz et fioul domestique pour les besoins de chauffage selon le décile* de revenu

Dépense des ménages en gaz et fioul domestique pour les besoins de chauffage selon le décile* de revenu - Ademe
Dépense des ménages en gaz et fioul domestique pour les besoins de chauffage selon le décile* de revenu - Ademe © Ademe
*Un décile représente 1/10e de la population. Les déciles de revenus sont classés par ordre de grandeur des revenus des ménages qui les composent.
Dépense des ménages en gaz et fioul domestique pour les besoins de chauffage selon le décile* de revenu

Dépense des ménages en carburants et lubrifiants selon le décile* de revenu

Dépense des ménages en carburants et lubrifiants selon le décile* de revenu - Ademe
Dépense des ménages en carburants et lubrifiants selon le décile* de revenu - Ademe © Ademe
*Un décile représente 1/10e de la population. Les déciles de revenus sont classés par ordre de grandeur des revenus des ménages qui les composent.
Dépense des ménages en carburants et lubrifiants selon le décile* de revenu

Indice du prix TTC des ressources énergétiques des ménages en euros constants (base 1995)

Indice du prix TTC des ressources énergétiques des ménages en euros constants (base 1995) - Ademe
Indice du prix TTC des ressources énergétiques des ménages en euros constants (base 1995) - Ademe © Ademe
Indice du prix TTC des ressources énergétiques des ménages en euros constants (base 1995)

Evolution de la part des dépenses énergétiques des ménages selon leur quintile* de revenu en pourcentage du nevenu (net d'IR)

Evolution de la part des dépenses énergétiques des ménages selon leur quintile* de revenu en pourcentage du nevenu (net d'IR) - Ademe
Evolution de la part des dépenses énergétiques des ménages selon leur quintile* de revenu en pourcentage du nevenu (net d'IR) - Ademe © Ademe
* Les 20 % des ménages les plus pauvres composent le premier quintile de la population, noté Q1 dans les graphiques suivants. Les quintiles représentent chacun 1/5e de la population. Ils sont classés par ordre de grandeur des revenus des ménages. Ainsi le quintile Q5 regroupe le 1/5e des ménages les plus riches.
Evolution de la part des dépenses énergétiques des ménages selon leur quintile* de revenu en pourcentage du nevenu (net d'IR)
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