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Saturnisme : encore 4.400 cas en France métropolitaine

Par P.P.
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le 31 mai 2010
saturnisme, les sources d'exposition au plomb
saturnisme, les sources d'exposition au plomb © PB - InVS
Le nombre d'enfants de 1 à 6 ans atteint de saturnisme infantile a été divisé par 20 en 15 ans, soit un passage de 84.000 à 4.400 cas en France métropolitaine, selon les résultats de l'enquête nationale publié le 27 mai dernier par l'InVS. Des résultats encourageants, mais montrant que les efforts doivent encore se poursuivre pour l'éradiquer.
Le saturnisme n'est toujours pas éradiqué en France, mais les premiers résultats de l'enquête nationale de prévalence du saturnisme infantile publié le 27 mai dernier par l'Institut de veille sanitaire (InVS) sur le site BEH Web, sont encourageants. En 20 ans, le nombre d'enfants de un à 6 ans, ayant un taux de plomb dans le sang supérieur à 100µg/L (définition du saturnisme infantile), est ainsi passé de 84.000 (en 1995-1996) à 4.400 (2008-2009), soit une division par vingt du nombre de cas en France métropolitaine (le chiffre est de 5.330 enfants si sont incluses la Guadeloupe, la Martinique et l'Ile de la Réunion). "Ces bons résultats montrent que les actions de prévention menées depuis 15 ans ont été efficaces", se félicitent l'inVS et la Direction générale de la santé, dans un communiqué commun. Et de détailler les "suppression de l'essence au plomb, amélioration de l'alimentation, traitement des eaux de distribution publique, amélioration de l'habitat, contrôle des émissions industrielles..." Mais il reste "un nombre encore trop important" de cas.
Les efforts doivent donc se poursuivre pour éradiquer totalement le saturnisme en France. Les enfants touchés font partie pour la plupart, précise l'InVS, d'une population déjà affaiblie, qui cumule certains facteurs, comme un habitat dégradé, un logement sur-occupé ou encore un environnement social défavorisé... "Il faut agir sur les sources d'exposition encore existantes pour diminuer l'imprégnation des enfants", expliquent l'InVS et la DGS. Des sources dont l'identification sera encore améliorer par des analyses statistiques complémentaires des données recueillies par l'enquête. Autre point à améliorer : "le repérage des enfants intoxiqués, puisqu'une faible partie seulement est diagnostiquée chaque année". L'étude fait état de 300 nouveaux cas par an, tous âges confondus (de 0 à 17 ans).

Des effets sur le développement cognitif

Ne doivent pas être oubliés non plus, les enfants de 1 à 6 ans présentant des taux de plombémie, même inférieurs au seuil de définition du saturnisme infantile : 25% ont une plombémie supérieure à 25 µg/L et 5% une plombémie supérieure à 34 µg/L, est-il constaté. Une vraie préoccupation pour l'InVS et la DGS, "car le plomb est un toxique pour lequel on ne connaît pas de seuil en dessous duquel il n'y aurait pas d'effet". Et de citer des études récentes montrant des effets sur le développement cognitif et moteur des enfants à des niveaux d'imprégnation aussi bas.
La principale source d'intoxication en plomb est l'habitat ancien du fait surtout de la présence de peintures à base de plomb, notamment dans les logements datant d'avant 1949, "époque où la céruse était largement utilisée : leur dégradation, précise l'InVS, souvent à cause de l'humidité, crée des poussières ou des écailles qui peuvent être ingérées par l'enfant." Même si elles ont été recouvertes par des peintures plus récentes, elles représentent un danger potentiel : "Elles peuvent conduire à une exposition au plomb lorsqu'elles se dégradent ou lors de travaux faits sans précaution (émission de poussières)." D'autres sources ont également été identifiées, mais sont rarement, à elles seules, responsables d'intoxications, explique l'institut de veille, comme, par exemple, les canalisations d'eau potable fabriquées à base de plomb.
Voir l'étude
Questions réponses sur le saturnisme, site de l'InVS

Un diagnostic obligatoire

Notez que le constat des risques d'exposition au plomb (CREP) est obligatoire en cas de vente et de tout nouveau contrat de location. De même que dans les parties communes des immeubles collectifs d'habitation. En cas de concentration en plomb, le propriétaire est tenu de réaliser des travaux pour garantir la sécurité des occupants, il doit également les prévenir des risques liés à l'émission de poussière pendant ces dits-travaux, comme il doit en informer les entreprises devant intervenir sur un chantier exposé. Il est enfin rappelé que la réglementation prévoit d'abaisser de 25 à 10 µg/L la limite de concentration en plomb de l'eau du robinet en 2013, recommandation est donc donnée de "de profiter de travaux de réhabilitation ou d'aménagement des logements pour remplacer les canalisations en plomb."
*Enquête de l'InVS menée entre septembre 2008 et avril 2009, dans 143 hôpitaux tirés au sort et a inclus 3.255 enfants hospitalisés.
Saturnisme : encore 4.400 cas en France métropolitaine
 
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