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La cuisine, une corvée pour certains, un loisir pour d'autres

Par R.N.-B.
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le 16 février 2015
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Image prétexte © tata99may - Thinkstock
En France, la gastronomie est une institution ! En témoigne, la grande proportion de cuisiniers amateurs, selon une étude IFOP pour Lesieur. Les jeunes et les hommes cuisineraient plutôt par plaisir, les femmes et les personnes âgées par nécessité, tandis que la transmission est une affaire de famille.
La France est bien le pays de la gastronomie et de la cuisine, à en croire une étude* IFOP pour le groupe Lesieur. Pas moins de 87% des Français affirment aimer faire la cuisine, dont près de la moitié disent "beaucoup aimer" s'adonner à cette activité. Les plus grands amateurs de fourneaux habitent le Sud-Ouest, où 62% des personnes interrogées affirment cuisiner tous les jours.
Étonnamment, ce sont les plus jeunes (18-24 ans) qui apprécient le plus jouer les marmitons. Peut-être parce qu'ils sont très peu à cuisiner tous les jours, et voient plutôt la cuisine comme "un moment de détente et de plaisir" (35%). "Plus la cuisine est un geste quotidien, moins l'on prend de plaisir à la faire", argumente Aurélie Crouzet, directrice de clientèle à l'IFOP.

Les femmes cuisinent par nécessité, les hommes par plaisir

La parité a encore du chemin à faire devant les casseroles ! Les femmes sont 64% à cuisiner tous les jours, contre 51% des hommes. Là encore, on distingue la "cuisine-loisir" de la tâche quotidienne. Pour les personnes âgées (50-70 ans) et les femmes, la cuisine est avant tout une nécessité (35% des sondés pour chaque catégorie), bien loin du moment de convivialité prôné par une majorité d'hommes (33%). Cependant, seuls 7% des Français comparent la cuisine à une corvée.
"La cuisine est un semi-loisir, explique Thibaut de Saint-Pol, sociologue à l'observatoire sociologique du changement de Sciences-Po. Le temps passé devant les fourneaux quotidiennement diminue, tandis que les cordons bleus cuisinent plus les week-ends et pour les grandes occasions". En 2010, les Français ne passaient plus que 53 minutes par jour en moyenne devant la marmite, contre 1h11 en 1986.

Experts en cuisine, mais toujours en apprentissage

"Dans ce contexte, la question de la transmission est cruciale", ajoute le sociologue. Si 62% des Français se considèrent expérimentés en cuisine, en particulier les femmes et les catégories socioprofessionnelles supérieures, 93% ont encore le sentiment d'apprendre ! Des maîtres coqs qui se sentent encore commis, donc, et qui apprennent aussi bien dans les livres (53%), des magazines (34%) ou sur Internet (57%), qu'avec l'aide d'un appareil électroménager connecté ou d'un professeur (64%).
Ce professeur est souvent la mère (48%), et généralement un membre de la famille. Mais l'on apprend aussi avec son conjoint, ses amis ou ses voisins, en particulier lorsqu'il s'agit de plats de cultures différentes. "En France, manger c'est partager, échanger, nous explique Thibaut de Saint-Pol. C'est une activité socialement très importante, et le métissage de la société se reflète dans celui des recettes".

L'exception culinaire française

Enfin, 40% des sondés affirment avoir déjà enseigné l'art culinaire, et 20% souhaitent le faire à l'avenir. "On transmet par plaisir (50%), spontanément, et en particulier à ses enfants (35% aux filles, 26% aux fils)", précise Aurélie Crouzet. Plus que le savoir-faire technique ou l'équilibre alimentaire, c'est une culture culinaire qui se transmet. "Une caractéristique typiquement française", conclut Thibaut de Saint-Pol.
* Étude online, réalisée du 14 au 19 novembre 2014, selon la méthode des quotas, auprès de 1.000 personnes cuisinant au moins de temps en temps issues d'un échantillon national représentatif de personnes âgées de 18 à 70 ans.
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