Energie renouvelable
Géothermie : mode d'emploi
A l'heure où les questions environnementales sont au cœur des préoccupations mondiales, on entend de plus en plus parler en France de la géothermie. Quel est son principe de fonctionnement ? En quoi se différencie-t-elle de l'aérothermie ? Quel est le rôle d'une pompe à chaleur ?
"Géo" - "thermie"… Pas besoin d'avoir fait des années de cours de latin pour comprendre que la géothermie est un phénomène thermique en rapport avec le globe terrestre ! Pour obtenir une définition moins approximative, il faut se tourner vers l'Agence de l'Environnement et de la maîtrise de l'Energie (ADEME). Dans son glossaire, accompagnant le guide intitulé "Pompes à chaleur géothermiques", on peut lire : "la géothermie est le captage de la chaleur emmagasinée dans le sol à faible profondeur. L'origine de l'énergie est alors pour l'essentiel solaire".
La géothermie : une énergie renouvelable
On comprendra aisément pourquoi le terme "énergie renouvelable" est systématiquement associé, et à juste titre, à la géothermie. "Les énergies renouvelables ne sont pas tarissables au contraire des énergies fossiles qui proviennent de la combustion de matières premières comme le charbon, le pétrole ou encore le gaz naturel" explique Pierre Sabatier, président de l'AFPAC, l'association française pour les pompes à chaleur. Une catégorie dans laquelle peut également entrer l'aérothermie puisque son principe est quasiment le même que celui de la géothermie. Seule différence : les calories (sources d'énergie se trouvant dans le sol) au lieu d'être puisées dans la terre, sont récupérées dans l'air environnant.
Trois modes de captage géothermiques
En ce qui concerne la géothermie, le captage des calories s'effectue de trois manières différentes, chacune étant choisie en fonction de la configuration et des propriétés du terrain. Le mode de captage dit "classique" consiste à installer des capteurs horizontaux – qui se présentent généralement sous la forme de tubes en polyéthylène – dans le sol sur une surface de terrain de 1,5 à 2 fois plus grande que la surface à chauffer. Le deuxième procédé met en œuvre une sonde géothermique permettant de récupérer verticalement la chaleur par le biais d'un forage pouvant faire jusqu'à 80 m de profondeur. Si la technique employée est la même - l'introduction de capteurs dans un forage - la dernière solution de captage n'a pourtant rien à voir avec les deux précédentes. Cette fois, il ne s'agit plus de capter les calories contenues dans le sol mais de récupérer celles contenues dans… l'eau !
"Les CAP : matures sur le plan technique"
Capter l'énergie contenue dans l'écorce terrestre est une chose mais encore faut-il pouvoir la transformer pour la rendre utilisable ! C'est là que la pompe à chaleur intervient : l'appareil est capable, par le biais d'un fluide frigorigène, de restituer la chaleur à l'intérieur d'un bâtiment dans le but de le chauffer, de le rafraîchir – s'il est réversible - ou bien encore de chauffer l'eau chaude sanitaire. L'énergie ainsi récoltée permet d'alimenter "tout type d'application" : un plancher chauffant, des ventilo-convecteurs, des radiateurs à basse température… "Cet équipement est très économique puisque, pour un kilowatt-heure d'énergie électrique consommé pour son fonctionnement, il restitue trois à quatre kilowatt-heures de chaleur" insiste Pierre Sabatier.
Ce rapport entre l'énergie restituée et celle utilisée pour faire fonctionner la pompe à chaleur, clairement énoncé par le président de l'Afpac correspond en fait au fameux coefficient de Performance, appelé plus couramment le "COP". Il caractérise en quelque sorte "le rendement" de l'appareil. Une capacité qui, comme le fait remarquer Pierre Sabatier, s'est nettement améliorée au fil du temps : "les pompes à chaleur ont été introduites en France dans les années 70 et sont commercialisées dans le monde depuis près 50 ans. Le moins que l'on puisse dire c'est que ces appareils sont matures sur le plan technique" assure-t-il. Il existe d'ailleurs un moyen pour les consommateurs de s'assurer des performances de leur appareil : la marque NF PAC. Elle est délivrée par l'Afaq-Afnor aux pompes à chaleur géothermiques et aérothermiques d'une puissance inférieure ou égale à 50 kW. COP, puissance thermique, niveau de puissance acoustique sont autant d’éléments pris en considération pour l'obtention de cette certification.
Autre gage de confiance, concernant cette fois, l’installation : l'appellation qualiPac, attribuée aux professionnels qui en font la demande. Pour les particuliers, comme l’explique Pierre Sabatier, c'est la garantie d'être mis en relation avec un installateur "spécialiste de la pompe à chaleur" et surtout de voir leur projet "de géothermie" aboutir.
Des aides financières pour l'installation d'une pompe à chaleur
Depuis le 1er janvier 2006, l'achat d'une pompe à chaleur donne droit à un crédit d'impôt de 50 % pour les particuliers. Pour en bénéficier, l’installation doit avoir été réalisée par une entreprise et être accompagnée d'une facture. Le montant des dépenses réalisées par les particuliers ne doit d'ailleurs pas excéder la somme de 8.000 euros pour une personne seule et de 16.000 euros pour un couple marié. A noter que ce crédit d’impôt ne concerne pas la main d’œuvre mais uniquement les équipements et les matériaux. La liste exacte des appareils concernés est disponible sur le www.afpac.org.
Sachez enfin qu’EDF, l’ADEME et l’Anah proposent également des aides financières pour l’installation de pompes à chaleur.
Pour connaître les conditions d’attribution de ces aides financières :
www.particuliers.edf.fr
www.ademe.fr
www.anah.fr
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