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Tuiles terre cuite : portrait de famille

Par C.C
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le 11 juin 2009
Tuiles canal, tuiles plates, tuiles à emboîtement... Difficile de s'y retrouver ! Elles ont pourtant toutes leurs spécificités et n'obéissent pas, par conséquent, aux mêmes règles de mise en œuvre. Petit tour d'horizon.
La famille des tuiles terre cuite est une petite famille. Elle ne comporte en tout en pour tout que quatre membres : la tuile canal, la tuile plate, la tuile "petit moule" et la tuile "grand moule". Les deux dernières ne sont cependant pas à considérer sur le plan que les autres, puisqu'il s'agit de tuiles dites "mécaniques ou à emboîtement". Inventées en 1841, en pleine révolution industrielle, elles ne se posent pas selon le principe du recouvrement mais, comme leur nom l'indique, selon celui de l'emboîtement, rendu possible grâce à un jeu de chicanes. "Ces tuiles permettent d'assurer plus facilement et plus rapidement la construction des ouvrages, tout en nécessitant moins de manœuvre", précise Thierry Voland, manager du service tuiles au Centre Technique de matériaux naturels de construction.

Le bon choix

À ce jour, il existe plus de 700 modèles de tuiles, certains plus larges que d'autres, d'autres plus longs, plus ou moins galbés... Des différences importantes à connaître, puisque toutes les tuiles ne s'adaptent pas à tous les toits. Les tuiles canal, par exemple, sont posées de préférence sur les toitures à faible pente, soit à partir de 24%, alors que les tuiles plates sont associées à des pentes beaucoup plus importantes, de l'ordre de 70%. La pente du toit, un des paramètres à prendre en compte, mais pas le seul : le choix d'une tuile dépend également de la zone climatique, de la situation d'exposition, de l'architecture locale et, bien sûr, du résultat souhaité.
À cela viennent parfois se rajouter des contraintes réglementaires - en particulier si la maison ou le bâtiment se trouve dans une zone protégée par les Bâtiments de France - budgétaires ou techniques. La charpente doit en effet pouvoir supporter le poids des tuiles. Avoir un toit, une décision qui ne se prend décidément pas à la légère !
Pour découvrir les caractéristiques de chacune de ces quatre tuiles, cliquez sur suivant.
Tuiles terre cuite : portrait de famille

Tuiles Canal - Tuiles terre cuite : portrait de famille

Imerys- Tuile Canal
Imerys- Tuile Canal © Imerys
La doyenne de la famille, c'est elle ! La tuile canal, aussi appelée "imbrex et tegula", "tige de botte", "tuile ronde" ou "tuile romaine", est en effet la première à avoir été introduite en France. Reconnaissable à sa forme galbée, qui fait penser à celle d'une gouttière, elle s'adapte particulièrement bien aux toits à faible pente.
Longtemps élaborées artisanalement, moulées sur les cuisses des femmes selon la légende, leur fabrication s'est industrialisée au milieu du 20e siècle, ce qui leur a permis de gagner en longévité, en résistance mécanique mais également en régularité dimensionnelle. Des dimensions qui varient d'ailleurs selon les régions. Ainsi, en Lorraine, la longueur moyenne d'une tuile canal est de 42 cm contre 46 à 48 centimètres dans le sud-ouest. Les toitures en tuiles canal étant plus lourdes que les autres, entre 65 et 75 kg au m2, il faut prévoir une charpente robuste.
Les tuiles canal s'assemblent deux par deux, une tuile dessus avec le dos en haut, une tuile dessous avec le dos en bas. Ainsi disposées, elles forment un canal d'évacuation pour les eaux pluviales. Assurant une étanchéité moins fiable que les autres tuiles, la tuile canal est surtout utilisée dans les climats méditerranéens, peu pluvieux. D'ailleurs, dans le sud de la France, c'est bien simple : on ne voit qu'elle ! On la retrouve de l'Aquitaine au Midi-Pyrénées en passant par le Languedoc-Roussillon, le Rhône et la Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Tuiles Canal - Tuiles terre cuite : portrait de famille

Tuiles plates - Tuiles terre cuite : portrait de famille

TERREAL_tuile_plate
TERREAL_tuile_plate © Terreal
La tuile plate, qui s'est développée en France aux alentours du XVe siècle, s'adapte parfaitement aux toitures à forte pente. Avant d'envahir les toits des habitations, elle s'est d'abord fait remarquer sur des édifices religieux : abbayes et monastères. Des toits souvent complexes avec des tourelles, des courbes ou des pentes différentes et dont il reste encore en France de beaux spécimens, notamment ceux des hospices de Beaune en Bourgogne ou bien encore les toits des églises en Franche-Comté.
Sa forme plate favorise naturellement l'écoulement des eaux pluviales et des neiges d'hiver. C'est donc en toute logique qu'on la retrouve dans des régions humides ou neigeuses telles que la Normandie, la Bourgogne, la Franche Comté, Alsace et le Centre. Visible de loin, la tuile laisse, dans sa mise en œuvre, une grande place à la créativité : on peut mélanger différentes teintes de tuiles, insérer des motifs au milieu de son toit...
Là encore, les tuiles plates sont installées sur le toit grâce à la technique du recouvrement, une rangée de tuiles sur l'autre. En général, il faut compter entre 36 et 95 tuiles plates par m2 de toiture.
Tuiles plates - Tuiles terre cuite : portrait de famille

Tuiles "petit moule"

Imerys_petit_moule
Imerys_petit_moule © Imerys
Les tuiles "petit moule", qui sont apparues en France en 1875 sous l'impulsion du duo Royaux et Beghin, font partie, avec les tuiles "grand moule", de la catégorie des tuiles dites "mécaniques" ou à emboîtement. Dotées d'un système d'emboîtement obtenu grâce à une presse mécanique, elles sont faciles à poser et permettent d'obtenir une bonne étanchéité.
Les tuiles « petit moule » sont principalement utilisées dans le Nord de la France où elles sont venues progressivement se substituer aux tuiles plates. D'une région à l'autre, il existe cependant d'importantes différences esthétiques. Ainsi, au nord de la Loire, la tuile adopte une forme plate tandis que dans la région Nord Pas de Calais, elle présente un léger relief sur le côté droit.
La tuile « petit moule » se pose soit à joint croisés, soit à joints droits, certains modèles pouvant se poser des deux façons. Le choix est libre en revanche au niveau de la fixation : clouage, crochetage, pannetonnage...
Tuiles "petit moule"

Tuiles "Grand moule"

Monier_grand_moule
Monier_grand_moule © Monier
Les lignes de la tuile "grand moule" sont généreuses comme celles de la tuile canal ce qui permet d'obtenir un excellent rendement. Seulement 10 à 13 tuiles sont nécessaires par m2. Cette tuile, dont l'autre particularité esthétique est d'être fortement galbée, est présente dans de nombreuses régions en France, sous différents aspects : couleurs vives dans les régions Sud-ouest et Rhône-Alpes, moins soutenues en Vendée et sur la Côte Atlantique et camaïeux en Corse et dans le Sud-est.
A noter que le même modèle est désormais fabriqué en version "faiblement galbée". Ces tuiles sont encore plus économiques que les autres puisque que seulement 10 tuiles suffisent au m2. A noter qu'elles se sont dernièrement très largement répandues en France, surtout dans la moitié Nord et l'Est de la France.
Tuiles "Grand moule"
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