Stéphane Becq : tavaillonneur et fier de l'être !

    Publié le 24 janvier 2008 par Céline Chahi
    Séduit par des habitations traditionnelles savoyardes, Stéphane Becq a décidé il y a huit ans de se lancer dans la fabrication de tuiles en bois : les tavaillons. Détenteur d'un savoir-faire rare, il est très sollicité. Portrait.
    Stéphane Becq, 57 ans, pratique un métier inhabituel. Il est "tavaillonneur" ! Cela ne vous dit rien ? C'est normal ! Ils ne sont plus qu'une petite dizaine à pratiquer encore cette profession en France. Il s'agit d'un métier très ancien qui consiste à fabriquer des tuiles... en bois ! Traditionnellement appelées tavaillons - d'où le surnom de Stéphane - ou ancelles, elles sont utilisées, comme leurs cousines en terre cuite ou en ardoise, pour couvrir les toits des maisons de Haute-Savoie. "Il n'y a pas si longtemps que ça, toutes les toitures étaient couvertes en tavaillons mais le bois a été remplacé, à la fin de la première guerre mondiale, par la tuile, la tôle ou l'ardoise" déplore Stéphane Becq.

    Un savoir-faire transmis oralement

    Après avoir pratiqué l'art du tavaillons de manière occasionnelle pendant deux ans, Stéphane décide d'en fait sa principale occupation. "Comme les gens manifestent un vif intérêt pour les habitations écologiques, ils s'intéressent de plus en plus aux toitures de ce type. La conséquence pour moi c'est que je suis de plus en plus sollicité" explique-t-il. Un changement de vie qui n'est pas pour lui déplaire : "Le bois est un matériau que je prends plaisir à travailler : il est léger, odorant... bref, il m'attire et m'a toujours attiré". Seul petit problème rencontré lors de sa professionnalisation : il n'existe à ce jour aucune école pour apprendre à fabriquer des tavaillons ! Stéphane doit donc suivre une formation théorique. Au programme : le fonctionnement de la filière bois et la construction d'une charpente. Il accompagne ensuite un artisan expérimenté sur le terrain. "Je l'ai regardé travaillé et je me suis approprié ses gestes et ses techniques" se rappelle-t-il. Et dans ce métier, comme le précise Stéphane, "mieux vaut ne pas avoir peur de remonter ses manches !".

    De la forêt... au toit !

    Tout commence en forêt avec le choix de l'arbre. Stéphane, tel un détective, scrute minutieusement les végétaux, épicéa ou mélèze essentiellement. L'apparence générale, la section, l'état de l'écorce sont autant d'indices qui lui permettent de deviner le potentiel de l'arbre. Une fois l'arbre abattu, d'autres vérifications s'imposent. "Le tavaillon ne pourra être plat que si le fil de l'arbre est droit" détaille le tavaillonneur. "Ce n'est pas parce que nous travaillons sur des petits volumes que nous négligeons la qualité". Bien au contraire ! Sa recherche est une priorité pour Stéphane. Et pour l'obtenir, c'est bien simple : il ne coupe que des "bois hors-sève" qui sèchent bien et se travaillent mieux. Le tronc d'arbre élu est ensuite acheminé jusque dans son atelier situé à Mâcot La Plagne, à quelques kilomètres de Bourg-Saint-Maurice. L'arbre est débarrassé de son écorce, coupé à la tronçonneuse en billons et fendu à nouveau en plusieurs petits morceaux. Deux possibilités : si la pente du toit est faible, ils se présenteront sous la forme d'ancelles, d'une longueur de 60 à 80 cm, si la pente est plus importante, ce sera les fameux tavaillons... il ne reste plus qu'à les installer sur le toit ! En principe, les tavaillons sont fabriqués en hiver et installés en été. Avec le temps, les tuiles vont prendre naturellement une coloration grisâtre. La maison se fondra ainsi complètement dans son environnement. Et surtout : pas de souci à se faire concernant l'entretien, d'après Stéphane, les toitures en bois auraient une durée de vie de plusieurs dizaines d'années !
    En savoir plus sur le www.toiture-tavaillon.com
    Pour découvrir le travail de Stéphane Becq en images, cliquez sur suivant.
    Stéphane Becq : tavaillonneur et fier de l'être !
    à lire aussi

    Le "pellage" de l'arbre

    Le "pellage" de l'arbre - Stéphane Becq - tavaillons
    Le "pellage" de l'arbre - Stéphane Becq - tavaillons © DR
    Le "pellage" de l'arbre

    Mesures du tronc

    Stéphane Bacq - tavaillons
    Stéphane Bacq - tavaillons © DR
    Mesures du tronc

    La tronc est débité

    La tronc est débité - Stéphane Becq - tavaillons
    La tronc est débité - Stéphane Becq - tavaillons © DR
    La tronc est débité

    Les pièces de bois sont fendues

    Les pièces de bois sont fendues - Stéphane Becq - tavaillons
    Les pièces de bois sont fendues - Stéphane Becq - tavaillons © DR
    Les pièces de bois sont fendues

    Stockage des tavaillons

    Stockage des tavaillons - Stéphane Becq - tavaillons
    Stockage des tavaillons - Stéphane Becq - tavaillons © DR
    Stockage des tavaillons

    Mise en place des tavaillons 1/2

    Mise en place des tavaillons 1/2 - Stéphane Becq - tavaillons
    Mise en place des tavaillons 1/2 - Stéphane Becq - tavaillons © DR
    Mise en place des tavaillons 1/2

    Mise en place des tavaillons 2/2

    Mise en place des tavaillons 2/2 - Stéphane Becq - tavaillons
    Mise en place des tavaillons 2/2 - Stéphane Becq - tavaillons © DR
    Mise en place des tavaillons 2/2

    Toit terminé ! - Stéphane Becq : tavaillonneur et fier de l'être !

    Toit terminé ! - Stéphane Becq - tavaillons
    Toit terminé ! - Stéphane Becq - tavaillons © DR
    Toit terminé ! - Stéphane Becq : tavaillonneur et fier de l'être !

    Abris recouvert de tavaillons

    Abris recouvert de tavaillons - Stéphane Becq - tavaillons
    Abris recouvert de tavaillons - Stéphane Becq - tavaillons © DR
    Abris recouvert de tavaillons

    Abris vue du haut

    Abris vue du haut - Stéphane Becq - tavaillons
    Abris vue du haut - Stéphane Becq - tavaillons © DR
    Abris vue du haut

    Chalet - Stéphane Becq : tavaillonneur et fier de l'être !

    Chalet - Stéphane Becq - tavaillons
    Chalet - Stéphane Becq - tavaillons © DR
    Chalet - Stéphane Becq : tavaillonneur et fier de l'être !
    Articles qui devraient vous intéresser
     
    Recevez gratuitement
    La newsletter Maison à Part
    L'e-magazine de l'habitat sous tous les angles
    Vous pouvez vous désabonner en un clic