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La White House : une maison organisée autour d'une serre verticale

Par Amelie Pierquin
,
le 5 mai 2014
D'une maison de la fin du 19ème siècle, l'architecte Pierre-Antoine Compain a réalisé une habitation ultra-moderne, s'articulant autour d'un axe central en verre transparent qui modifie complètement la manière d'appréhender l'espace. Visite en images au cœur de la White House.
En plein cœur de La Rochelle, une maison de la fin du 19ème siècle a subi une transformation intérieure radicale. Cette maison de ville en pierres de taille de trois étages possède une surface de 250 m2. L'architecte Pierre-Antoine Compain a créé un espace original agencé autour d'un axe central en verre traversant la maison du sous-sol au plafond.
Le client est un restaurateur de la ville qui avait déjà confié l'élaboration de son établissement à l'architecte. La confiance étant déjà établie, Pierre-Antoine Compain a eu carte blanche pour ce nouveau projet de rénovation. Fidèle à son style et à son goût pour l'architecture brésilienne et américaine, il a créé un espace ou le blanc et la lumière dominent grâce à un jeu de transparence et d'ouvertures.
Découvrez en images la maison blanche de La Rochelle, dans les pages suivantes.
La White House : une maison organisée autour d'une serre verticale

Tout casser pour repartir de zéro

Tout casser pour repartir de zéro - La White House
Tout casser pour repartir de zéro - La White House © Arthur Péquin
Les demandes du client pour ce projet étaient peu contraignantes et ont permis à l'architecte de laisser libre cours à ses envies. De plus, la maison jouissant d'une grande superficie, offrait de nombreuses perspectives.
Cependant, en l'état, ce bien n'avait pas beaucoup d'intérêt d'un point de vue architectural. "La maison avait été refaite maladroitement dans les années 1970. Les volumes n'étaient pas pensés pour gagner de l'espace ou jouir correctement de la surface globale de l'habitation. J'ai donc choisi de tout démolir et de ne garder que les quatre murs d'enceinte" nous confie Pierre-Antoine Compain.
Au cours de la démolition, l'architecte a découvert une cave saine qui pouvait être utilisée. Il a donc décidé de créer quatre espaces : trois étages abritant les pièces principales (salon, cuisine, chambres, salle de télévision...), et un bureau au sous-sol.
L'axe central en verre autour duquel toute cette habitation est bâtie traverse l'ensemble de ces espaces.
Le plan ci-dessus a été dessiné au début du projet, ce dernier a subi quelques modifications depuis, mais il en donne tout de même un bon aperçu.
Tout casser pour repartir de zéro

Une serre verticale, axe central de la maison

Une serre verticale, axe central de la maison - La White House
Une serre verticale, axe central de la maison - La White House © Arthur Péquin
L'élément principal de la White House est très clairement l'axe en verre qui la traverse de bas en haut. En réalité cet axe est une serre qui abrite un arbre planté au sous-sol, transperçant le rez-de-chaussée pour rejoindre un palier intermédiaire avant le premier étage. Du premier étage au toit, la serre accueille des plantes exotiques.
En plus de créer une zone verte, le but d'une telle construction est de faire le lien entre tous les étages, aussi bien visuellement que fonctionnellement. En effet, elle sert également d'espace de service. Deux emplacements au sein de cette serre ont été réalisés pour répondre aux besoins du client : l'une est réservée aux activités liées à l'informatique et l'autre à la lecture.
"L'axe de verre crée un schéma de circulation inédit, des coursives entourent le cœur de la maison et obligent à repenser les déplacements usuels", confie Pierre-Antoine Compain.
Une serre verticale, axe central de la maison

Des charges structurelles difficiles à répartir

White House
White House © Arthur Péquin
La serre verticale n'a pas été une mince affaire à réaliser. Répartir les charges de trois étages autour d'un axe en verre s'est avéré complexe.
La solution trouvée par l'architecte pour remédier à ce problème a été d'ajouter une structure porteuse centrale, dissimulée par un coffrage blanc. Concrètement, un "fût métallique vertical" soutient les différents niveaux tandis que de fines tiges métalliques structurent les passerelles et les différents éléments de la serre en verre pour assurer la solidité de l'édifice.
Des charges structurelles difficiles à répartir

Un espace de travail au toit de verre

Un espace de travail au toit de verre - La White House
Un espace de travail au toit de verre - La White House © Arthur Péquin
Le bureau créé au sous-sol est la base de l'axe central de la maison, "le projet existe et s'articule autour de cet axe qui prend naissance dans le bureau", explique l'architecte.
Cet espace de travail, aménagé dans l'ancienne cave possède un plafond de verre. Cette ouverture optique est en parfaite adéquation avec la vision de l'architecte qui souhaite ouvrir les espaces autant visuellement que physiquement. Bien qu'isolée phoniquement, cette zone de travail n'est pas exclue du reste de la maison.
Autre vertu du toit en verre, la lumière peut traverser cette petite pièce, dépourvue de fenêtres.
Un espace de travail au toit de verre

Des pièces à vivre totalement ouvertes

Des pièces à vivre totalement ouvertes - La White House
Des pièces à vivre totalement ouvertes - La White House © Arthur Péquin
Cette maison permet à ses habitants de jouir d'une vision panoramique à la fois sur un axe vertical et horizontal. Le choix du décloisonnement s'est donc fait naturellement. Le rez-de-chaussée, par exemple, est totalement ouvert, les espaces sont distincts mais communiquent les uns avec les autres. Il accueille un coin cuisine, un salon, ainsi qu'un jardinet sous-véranda.
La cuisine a été pensée comme une cuisine américaine ou la circulation se fait librement autour d'un îlot central. "J'ai également souhaité installer des placards aveugles. Sans poignées, ils deviennent invisibles et l'on de ne voit que des façades lisses", précise l'architecte.
Au rez-de-chaussée, le concept de l'architecte est poussé à son paroxysme : les lignes sont épurées, le blanc domine et les espaces sont ouverts.
Des pièces à vivre totalement ouvertes

Des dressings colorés pour une mise en valeur du blanc

Des dressings colorés pour une mise en valeur du blanc - La White House
Des dressings colorés pour une mise en valeur du blanc - La White House © Arthur Péquin
Le premier et le deuxième étages accueillent respectivement une et deux chambres avec leur salle de bains. "Au cours du chantier, l'on a été confrontés à un important problème de rangement. Après avoir voulu créer un dressing dans une pièce attenante à une quatrième chambre, nous nous sommes rendus compte que le manque de rangements pourraient être un problème. Nous avons donc réduit le nombre de chambres pour libérer plus d'espace pour les dressings", raconte Pierre-Antoine Compain.
Les dressings sont d'ailleurs devenus des éléments primordiaux dans la cohérence du projet de la White House. En effet, au cœur des deux étages, le rose fuchsia et le rose bordeaux apportent la touche de couleur nécessaire à la mise en valeur du blanc du reste de la maison.
Les placards ont été peints et laqués en cabine, à la manière des pièces automobiles. Comme pour la cuisine, ils sont installés comme des façades lisses et apportent de la brillance et un effet miroir dans les pièces.
Des dressings colorés pour une mise en valeur du blanc

Une capsule informatique suspendue

Une capsule informatique suspendue - La White House
Une capsule informatique suspendue - La White House © Arthur Péquin
En plus du bureau au sous-sol, le client a expressément demandé que l'architecte lui crée un espace informatique supplémentaire ou chaque membre de la famille pourrait venir lire ses e-mails ou surfer sur Internet.
Pierre-Antoine Compain a donc eu l'idée de créer une passerelle entre le rez-de-chaussée et le premier étage, un espace inséré dans l'axe en verre juste assez grand pour accueillir un ordinateur, comme une capsule informatique suspendue.
"L'idée était de rendre cette passerelle visible dans la perspective de l'espace depuis le rez-de-chaussée. Je voulais que cette zone intermédiaire questionne les utilisateurs sur l'organisation de l'espace. C'était une manière pour moi d'animer visuellement le rez-de-chaussée" nous explique l'architecte.
Une capsule informatique suspendue

Une bibliothèque comme un îlot paisible

Une bibliothèque comme un îlot paisible - La White House
Une bibliothèque comme un îlot paisible - La White House © Arthur Péquin
Au dernier étage de la serre verticale, l'architecte a créé une bibliothèque. Un îlot central aménagé entre les deux chambres, en face du dressing, qui jouit d'une insonorisation partielle grâce aux parois de verres.
Cette bibliothèque a été conçue sur le même modèle que la passerelle informatique.
Une bibliothèque comme un îlot paisible

Des escaliers parfaitement intégrés

Des escaliers parfaitement intégrés - La White House
Des escaliers parfaitement intégrés - La White House © Arthur Péquin
Dans ce projet, les escaliers ont une place bien définie. Ils structurent la manière d'appréhender l'espace, rendue complexe par une organisation spatiale autour de l'axe central.
L'utilisation quasi-exclusive d'escaliers autotportants blancs renforce l'impression de pureté et la sensation de légèreté présentes dans cette maison.
Des escaliers parfaitement intégrés

Un escalier Hélicoïdal original

Un escalier Hélicoïdal original - La White House
Un escalier Hélicoïdal original - La White House © Arthur Péquin
Cet escalier est le coup de cœur de l'architecte. Le M400 a été créé à la fin des années 1960 par le designer Roger Tallon. Tranchant avec le style global de la maison, il apporte une respiration grâce à ses formes plus rondes et sa couleur de bois clair, plus naturelle.
En fonte d'aluminium polie, il relie le premier et le deuxième étage.
Un escalier Hélicoïdal original

Un puits de lumière double-fonction

Un puits de lumière double-fonction - La White House
Un puits de lumière double-fonction - La White House © Arthur Péquin
Toute la maison vit grâce à un jeu de transparence et de lumière, fortement renforcé par l'ouverture du toit qui crée un puits de lumière indispensable à l'équilibre du projet. En effet, en plus d'illuminer toute la maison via l'axe central, l'ouverture apporte la luminosité nécessaire au bon développement des plantes, comme dans une serre traditionnelle.
De plus, ce puits de lumière a permis à l'architecte de rester sobre dans le choix des luminaires. Il a respecté les lignes lisses et épurées qu'il a choisies pour la maison en préférant des spots encastrés, très peu voyants.
Un puits de lumière double-fonction

Fiche technique de la rénovation

Fiche technique de la rénovation - La White House
Fiche technique de la rénovation - La White House © Arthur Péquin
La White House
Rénovation d'une maison d'habitation privée
Lieu : La Rochelle (17)
Réalisation du Studio Pierre-Antoine Compain
Maître d'œuvre : Pierre-Antoine Compain
Durée des travaux : 18 mois
Maison livrée en janvier 2014
Fiche technique de la rénovation
 
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