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Piscine : quel traitement choisir pour son eau ?

Par Augustin Flepp
,
le 24 juillet 2014
L'eau chlorée n'est pas la seule solution de traitement de sa piscine. Sel de mine, eau minéral, oxygène actif... Ces autres méthodes désinfectantes offrent également de sérieux avantages en termes d'entretien et de confort pour les baigneurs.
Quel traitement désinfectant choisir pour sa piscine ? Eau chlorée, salée, minérale, naturelle... Avant de se précipiter dans le rayon piscine des grandes surfaces de bricolage, il est nécessaire de bien connaître leur fonctionnement, leur composition et surtout de l'associer à un système de filtration.
Les professionnels de la piscine conseillent d'utiliser l'eau du circuit de distribution courante (eau du robinet) pour le remplissage de sa piscine.
En France, si les eaux du robinet sont potables dans la plupart des régions, elles ne possèdent pas toutes le même équilibre notamment en termes de PH.
Il convient donc de se renseigner au préalable auprès d'un professionnel de la piscine ou du service des eaux afin d'analyser la composition de l'eau.

Des pratiques encadrées

Au niveau de la législation, la loi est très claire concernant l'eau des piscines qui doit être "filtrée, désinfectée et désinfectante" (article L.1332-1 et D.1332-2 du Code de la santé). Le ministère de la santé fait donc la distinction entre les piscines et les baignades naturelles qui intègrent des plantations aquatiques. Ces dernières peuvent être comparées à une baignade en rivière ou en lac de montagne, car elles tentent de recréer un univers aquatique naturel.
De son côté, l'Afsset (Agence française de sécurité sanitaire et de l'environnement et du travail) a mis en garde dans son dernier rapport de 2009 sur les risques potentiels sur la santé des baignades écologiques.
Par ailleurs, les eaux de pluie ou eau de forage sont à éviter. Leur taux d'acidité et de métaux lourds risquent de créer un déséquilibre dans la piscine.
"L'eau de la piscine doit respecter un équilibre physico-chimique au niveau du PH (Potentiel hydrogène) du TH (dureté de l'eau) et du tac (carbonate et bicarbonate)", nous explique François Robert, responsable technique chez la société Bayrol.
Retrouvez en pages suivantes, les différents traitements d'eau possibles pour sa piscine...
Piscine : quel traitement choisir pour son eau ?

L'eau chlorée pour sa piscine

L'eau chlorée pour sa piscine - Bien choisir son traitement pour sa piscine
L'eau chlorée pour sa piscine - Bien choisir son traitement pour sa piscine © Mondial Piscine
Les professionnels de la piscine conseillent d'avoir recours à l'eau du robinet qui est le plus souvent potable et dotée d'un bon équilibre. En France, certaines régions comme le Massif-Central ou la Bretagne possèdent un taux de PH relativement bas. "Il est parfois nécessaire de faire appel à un professionnel pour mener une analyse de l'eau complète", nous explique Joëlle Pulinx, secrétaire général de la Fédération des Professionnels de la Piscine (FPP).
Après avoir mené, si besoin, cette analyse, il faut ensuite déterminer un traitement désinfectant pour son eau. Première solution : le chlore, le produit de piscine le plus couramment utilisé.
Désinfectant et oxydant, il élimine les bactéries de la piscine et agit comme un anti-algue.
Se présentant sous différentes formes (galets, pastilles, liquide), il se dispose dans le skimmer de la piscine et nécessite parfois un réajustement. Si l'eau devient trouble, la dose de chlore doit être augmentée.
En cas de présence d'algues dans la piscine, une chloration choc est fortement conseillée.

Les eaux de pluie ou de forage à éviter

La scène est si vite arrivée. L'eau de pluie récupérée est réutilisée pour compléter le niveau de sa piscine. Et c'est là une erreur à éviter. "L'eau de pluie peut diluer la présence de désinfectant et modifier le taux de PH", nous confie Joëlle Pulinx.
Autre tentation à éviter : les eaux de forage ou de puits qui sont parfois composées de métaux lourds (souffre, fer).
"Dans la mesure du possible, il ne faut jamais remplir sa piscine avec de l'eau de pluie ou de forage", avertit François Robert, responsable technique chez la société Bayrol.
L'eau chlorée pour sa piscine

L'eau salée pour sa piscine

L'eau salée pour sa piscine - Bien choisir son traitement pour sa piscine
L'eau salée pour sa piscine - Bien choisir son traitement pour sa piscine © L'esprit piscine
Une baignade en eau salée et dans son jardin. Un rêve de bon nombre de particuliers.
Mais avant de traiter sa piscine au sel, il convient de bien connaître sa composition. "Les eaux salées peuvent entraîner la corrosion de certains matériaux de la piscine", nous explique Joëlle Pulinx, secrétaire générale de la FPP.
Contrairement aux idées reçues, les eaux salées des piscines ont un taux de salinité beaucoup moins élevé que celui de la mer.
Les piscines à eaux salée nécessitent l'utilisation d'un électrolyseur de sel et d'un sel de mine. Le premier est un appareil électrique introduit sur le circuit de filtration qui permet de séparer deux éléments présents dans le sel : le chlore et la soude.
Le sel, plus précisément le sel de mine, doit être incorporé directement dans le bassin en moyenne une fois par an. "Le système de filtration doit être éteint car cela risque de détériorer l'électrolyseur de sel", nous précise François Robert, responsable technique chez la société Bayrol.
Ce traitement particulier possède de multiples avantages. L'eau ne provoque pas d'irritation sur la peau, ni d'odeur de produit chimique et l'entretien de la piscine est minimal car le chlore est produit automatiquement. "En revanche, l'électrolyseur de sel risque parfois de modifier le taux de PH car sa réaction chimique crée du sodium, une eau de javel au PH 12", nous explique Gilles Mouchiroud, directeur commercial et technique chez Piscines Desjoyaux.
L'eau salée pour sa piscine

L'eau aux minéraux

L'eau aux minéraux - Bien choisir son traitement pour sa piscine
L'eau aux minéraux - Bien choisir son traitement pour sa piscine © MagnaPool
Après la technique de l'électrolyse de sel, la société MagnaPool a mis au point un traitement de l'eau de piscine associant deux sels minéraux : le magnésium et le potassium. Leur combinaison permet de posséder une eau désinfectée et désinfectante produisant un floculant naturel améliorant la qualité de la filtration.
Côté santé, le magnésium, reconnu pour soulager les douleurs musculaires, contribue à adoucir la peau.
Autre solution : le purificateur minéral. Son fonctionnement est très simple, l'eau filtrée traverse le capteur de débit de l'appareil, les microparticules sont éliminées et des minéraux cuivre et argent sont alors diffusés dans le bassin. De plus, il utilise une technologie ne consommant pas d'électricité et réduisant de 50% la consommation de chlore.
L'eau aux minéraux

Les eaux sans chlore

Les eaux sans chlore - Bien choisir son traitement pour sa piscine
Les eaux sans chlore - Bien choisir son traitement pour sa piscine © Bradstone
Si le chlore est un désinfectant efficace et peu coûteux, il reste néanmoins agressif pour la peau et son odeur peut être désagréable.
C'est pourquoi il existe des alternatives au chlore comme le traitement au brome ou au PHBM qui se révèlent de bon désinfectant.
Extrait de la mer, le brome est le plus souvent utilisé pour les eaux dures ou au PH élevé. Plus réactif que le chlore, le brome n'entraîne pas d'irritation de la peau.
Le PHBM (PolyHexaMéthylène Biguanide) est, quant à lui, particulièrement adapté aux piscines où la quantité de baigneurs reste constante au quotidien. Cet oxygène actif n'est pas sensible aux variations de température ou de PH. Plus rare et plus onéreux, on le trouve exclusivement chez des piscinistes.
Les eaux sans chlore

Les baignades naturelles

Les baignades naturelles - Bien choisir son traitement pour sa piscine
Les baignades naturelles - Bien choisir son traitement pour sa piscine © MAP
Une baignade en rivière. Les amoureux des trous d'eau et étangs de montagne devraient tomber sous le charme des baignades naturelles qui recréent un véritable écosystème.
A l'intérieur du bassin, des plantes aquatiques, associées à des micro-organismes, sont utilisées pour la filtration de l'eau et évitent le recours à des produits chimiques, aux chlores, aux métaux lourds ou à l'ozone.
Pour permettre le développement de cet espace aquatique, trois types de plantes sont utilisées : les flottantes (nénuphars), donnent de l'ombre aux profondeurs du bassin, les porteuses de "bonnes bactéries" épurent l'eau et les dernières permettent de transformer les déchets végétaux en concentrés nutritifs.
En revanche, les baignades naturelles utilisent un procédé gourmand en énergie car pour éviter la stagnation de l'eau et la prolifération d'algues, la filtration tourne en permanence. "Le système fait fonctionner la pompe à filtration 24h/24, soit une consommation trois fois plus importante d'électricité", prévient Joëlle Pulinx, secrétaire général de la FPP.
Les baignades naturelles ne bénéficient d'aucun système de désinfection.
Même si les plantes aquatiques absorbent les déchets organiques, leur capacité en filtration est plus lente et donc pour éviter cette prolifération, le nombre de baigneurs doit être limité.
En outre, le dernier avis de l'Afsset sur les baignades artificielles a révélé les risques avérés sur la santé. Qualifiées de non "désinfectantes et désinfectées", les piscines naturelles favoriseraient notamment le développement des germes entre baigneurs et de micro algues, invisibles à l'oeil nu, et pouvant provoquer des intoxications aigües.
Les baignades naturelles
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