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Rénovation : quelles solutions de chauffage adopter ?

Mis à jour le 31 octobre 2018
Un exemple de chaudière pour un logement individuel
Un exemple de chaudière pour un logement individuel © ThinkStock
Chaudières à condensation, convecteurs, poêles à granulés, pompes à chaleur... L'association Coénove a comparé les coûts d'investissement et de consommation et de maintenance sur 15 ans de différentes solutions de chauffage et production d'eau chaude sanitaire. Découvrez lesquelles sont les plus économiques et les plus onéreuses.
Dans le parc de logements existants, la réduction des consommations et des émissions de gaz à effet de serre sont un véritable enjeu de la transition écologique. L'association Coénove a publié, en 2016, une étude comparative, analysant le coût de quinze solutions disponibles aujourd'hui pour les propriétaires souhaitant moderniser leur installation de chauffage et de production d'eau chaude sanitaire.
Le président de l'association, Bernard Aulagne, explique : "Le rythme des rénovations étant encore très insuffisant pour atteindre les objectifs de la transition énergétique, il est important de montrer au consommateur qu'il existe des solutions économiques, faiblement émettrices de CO2 et immédiatement disponibles".
Des projections comportant l'investissement initial, le coût de l'abonnement et les interventions de maintenance, ainsi que le prix de l'énergie consommée sur 15 ans, ont été réalisées afin de déterminer la compétitivité de ces quinze solutions qui mixent différents éléments (voir encadré méthodologique). L'association précise : "Elles ont été évaluées avec et sans changement des radiateurs, cette dernière opération étant optionnelle dans une rénovation".

Les chaudières à condensation, championnes toutes catégories

Il apparaît que l'énergie gaz et la chaudière à condensation haute performance (dont le rendement est supérieur à 90%) constituent la solution la plus compétitive, de l'ordre de 1.500 €/an en coût global sur 15 ans.
Du côté des renouvelables, c'est le couplage d'une chaudière haute performance et d'un chauffe-eau solaire thermique qui arrive en tête, avec un coût global annualisé de l'ordre de 1.800 €.
Cette solution est suivie par la chaudière hybride et la pompe à chaleur air/eau basse température (en intégrant un changement partiel des radiateurs initiaux de la maison). "Les principales solutions présentent un coût d'exploitation du même ordre de grandeur, excepté celui de la solution 'convecteurs électriques + chauffe-eau thermodynamique' qui est deux fois plus important", affirme l'étude. La condensation au gaz reste cependant peu présente dans le parc de logements existants, où elle ne représenterait que 20% du marché, contre 91% aux Pays-Bas et 56% au Royaume-Uni.

Lourd investissement = rentabilité moindre

Sans surprise, les solutions les plus chères sont celles impliquant le changement de la totalité des radiateurs par des radiateurs basse température. Les technologies avancées comme la micro-cogénération nécessitent un investissement initial important, de l'ordre de 10.000 €, là où des chaudières à condensation (gaz ou fioul) sont deux à quatre fois moins onéreuses.
Selon une précédente étude Coénove, publiée au mois de juin 2015, la modernisation des systèmes de chauffage couplée à une isolation des combles constituerait "la meilleure alternative technique et économique pour réduire les émissions de gaz à effet de serre du parc résidentiel".
Des projections réalisées, prenant en compte le recours à des technologies avancées pour 40% de ce parc existant, mènent à une économie de 17-18 millions de tonnes de CO2 à l'horizon de 2030, soit 80% de l'objectif à atteindre. L'association estime qu'il s'agit là d'une solution optimale qui "s'appuie sur une technologie simple et sans rupture, immédiatement disponible, sans surcoût pour la collectivité et abordable pour le consommateur".

Méthodologie de l'étude :

L'étude de cas porte sur des solutions de chauffage pour une maison individuelle de 100 m², construite en 1975, située en zone climatique H1 (besoins en chauffage + ECS de 20.000 kWh/an). Les projections ont pris en compte le Crédit d'Impôt Transition Energétique et s'appuient sur les tarifs de gaz ou d'électricité en vigueur au 1er septembre 2015, un prix du litre de fioul de 0,7 € et de 296 €/tonne pour des granulés. Les coûts ont été ajustés sur les 15 ans en tenant compte d'une inflation de 2% et d'une augmentation du prix des énergies compris entre 4% (bois, électricité, gaz) et 5% (fioul).
Les quinze solutions envisagées sont les suivantes : convecteurs effet Joule à inertie et chauffe-eau thermodynamique ; poêle à granulés et convecteurs effet Joule ; chaudière à bois (granulés) ; chaudière à condensation au gaz ; chaudière condensation gaz couplée à un chauffe-eau solaire optimisé (appoint gaz) ; chaudière condensation au fioul ; chaudière hybride (couplée à une PAC de 5 kW) ; micro-cogénération (chaudière condensation gaz couplée à un moteur Stirling pour produire de l'électricité) ; PAC air/eau basse température et radiateurs adaptés ; chaudière à condensation gaz et radiateurs basse température ; chaudière à condensation gaz + chauffe-eau solaire optimisé et radiateurs basse température ; chaudière hybride et radiateurs basse température ; chaudière condensation fioul et radiateurs basse température ; micro-cogénération et radiateurs basse température.
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