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Changer ses fenêtres : ce qu'il faut savoir

Par Rouba Naaman-Beauvais
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Mis à jour le 22 février 2019
Un vitrage performant est un élément indispensable au confort de l'habitat, à la fois thermique et sonore. Isolation performante, technologie innovante, matériaux, fiscalité, découvrez tout ce qu'il faut savoir avant de changer ses fenêtres.
Pour un propriétaire, en particulier d'un logement ancien, ou un locataire, changer ses fenêtres est aujourd'hui un moyen accessible d'améliorer très nettement la qualité de son habitat. Au programme, une meilleure isolation acoustique, des économies d'énergie parfois substantielles grâce à une isolation thermique améliorée, l'élimination des infiltrations d'air désagréables, et un vrai confort d'utilisation.

C'est aussi une manière d'accroître la valeur patrimoniale du bâtiment, et d'en améliorer parfois l'esthétique, précise un guide publié par l'Agence qualité construction (AQC), avec l'Agence national pour l'information sur le logement (Anil) et l'Institut national de la consommation (INC).

"La performance thermique d'une paroi vitrée dépend de la nature de la menuiserie, des performances du vitrage et de la qualité de la mise en œuvre de la fenêtre. Mais la nature des fermetures (volets, persiennes) intervient également" explique l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Pas facile donc de sélectionner la fenêtre idéale ! Voici quelques points à vérifier avant de choisir.

Faire appel à un professionnel



La pose d'un vitrage ou d'une fenêtre n'est pas un travail à prendre à la légère. Pour éviter tout problème d'étanchéité et de sécurité, faites toujours appel à un professionnel agréé.

Préférez une entreprise disposant du label RGE, c'est-à-dire "Reconnu garant de l'environnement". C'est une condition sine qua non pour bénéficier de l'éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) et du crédit d'impôt pour la transition énergétique (Cite).

"Le professionnel doit être formé et pouvoir apporter la preuve de sa compétence (formation, qualification, certification, références, attestation de maître d'œuvre...)", conseille le guide l'AQC. Demandez-lui également ses attestations d'assurances responsabilité civile décennale et professionnelle.

"En cas de motorisation, le raccordement électrique devra être réalisé par des professionnels habilités, au regard des risques d'électrocution et d'incendie", précise le guide de l'AQC.

PVC, bois ou aluminium : comment choisir les menuiseries ?



PVC blanc ou coloré, bois naturel ou vernis, aluminium... Le choix du matériau est large concernant la structure de la fenêtre. Mais outre son aspect extérieur, les prix sont aussi très différents, de même que leurs performances. "La conception et la fabrication doivent être conformes aux normes en vigueur (normes françaises pour la conception) ou posséder un agrément technique (Avis Technique ou équivalent)", explique le guide de l'AQC.

 
Attention, alerte l'AQC, "le marquage CE est une obligation mais n'est pas suffisant pour garantir les performances et la qualité du produit".


Côté performances, elles sont appréciées au regard du coefficient Uw, qui quantifie la déperdition de chaleur. Ce coefficient est déterminé par les performances thermiques du cadre, mais aussi celles du vitrage. Plus ce coefficient Uw est bas, meilleures sont les performances techniques de la fenêtre (voir plus bas). Vérifiez également que la menuiserie présente un système de rupture de pont thermique, sans quoi vous risqueriez des déperditions de chaleur qui feraient tomber votre démarche à l'eau...

Maintenir une aération minimale

En changeant de fenêtre, vous améliorez l'étanchéité à l'air de votre habitat. Mais attention à ne pas en faire une boîte hermétiquement fermée ! Odeurs et humidité s'en délecteraient, et certains appareils de chauffage (chaudière, poêle, cheminée) pourraient même fonctionner moins bien.

"L'entrepreneur doit réaliser une vérification de base des principes de ventilation de votre logement", précise l'AQC. Demandez une aération en haut de la fenêtre, en particulier dans les pièces d'eau. A défaut, si vous vous lancez dans des travaux plus conséquents, vous pouvez aussi installer une ventilation mécanique contrôlée (VMC).

Double ou triple vitrage : quel modèle choisir ?



Si le simple vitrage n'est plus commercialisé, il est reste encore répandu dans l'ancien. Lors de travaux rénovation, il est généralement remplacé par du double vitrage, doté de meilleures performances isolantes grâce à ses deux vitres séparées par une lame d'air.

Il existe aussi un double vitrage dit à isolation renforcée (VIR), ou à faible émissivité, deux à trois fois plus isolant qu'un double vitrage classique. L'une des deux vitres est couverte, côté intérieur, par une couche transparente d'oxyde métallique, qui empêche la chaleur de s'échapper en hiver. Ce système permettrait des économies supplémentaires de chauffage jusqu'à 10%, selon l'Ademe, mais coûte environ 5% plus cher qu'un double vitrage ordinaire.

Dans certains vitrages, un gaz rare (argon ou krypton) remplacent l'air entre les vitres. Plus isolant, il permet de diminuer l'espacement des deux vitres. C'est une technique souvent utilisée dans le triple vitrage, mais coûte en moyenne 50% plus cher qu'un double vitrage performant.

Les performances thermiques du vitrage



Plusieurs valeurs permettent de définir la performance thermique d'un vitrage. Avant tout, le coefficient de transmission thermique Uw, qui correspond à la quantité de chaleur qui s'échappe d'une fenêtre de 1 m2 quand la différence de température de part et d'autre de cette vitre est de 1°C. Uw est le coefficient pour la fenêtre, Ug celui pour le vitrage, les deux sont exprimées en W/m²K (degré Kelvin, unité universelle de mesure de la température).

Pour les constructions répondant aux critères de la réglementation RT 2012, il est conseillé d'installer des fenêtres dont le coefficient Uw se situe entre 1,2 et 1,5 W/(m².K). Sachez également que pour bénéficier des éco-PTZ et CITE, le vitrage doit répondre à un niveau de performance fixé par décret. Dans tous les cas, préférez un vitrage dont la performance thermique est dite renforcée (présence d'une étiquette TR sur le produit).

Réclamez aussi des fenêtres certifiées NF et CST Bat, gage de qualité, voire le label Cekal, qui garantit l'étanchéité et la qualité des doubles vitrages pendant 10 ans.

"Les volets ou d'autres formes d'occultation (casquette, store) vont avoir aussi un rôle à jouer dans la performance réelle, notamment dans leur éventuelle capacité à gérer les apports solaires et lumineux", et donc la performance thermique, complète l'AQC.

Les performances acoustiques et les autres caractéristiques de la fenêtre



Outre la notion de performance thermique, d'autres données sont à prendre en compte, notamment l'acoustique et la résistance à l'effraction.

La classification AEV mesure la performance contre le bruit (A pour air), l'eau (E) et le vent (V). Plus le chiffre qui suit chaque lettre est élevé, plus l'isolation est importante (pour chacune le classement va de A1 à A4, de E1A à E9A ou de E1B à E7B, et de VA1 à VA5).

"En zone de bruit (proximité d'aéroport, autoroute...), il est obligatoire d'avoir une performance acoustique minimale pour la fenêtre", indique le guide l'AQC. Tournez-vous vers le service d'urbanisme de votre commune, qui saura vous confirmer cette obligation.

Quant à la résistance à l'effraction, elle est indispensable pour que vous restiez bien protégés par votre assurance habitation en cas de cambriolage. Le vitrage reste une partie vulnérable de votre habitation, mais "un premier niveau de résistance de quelques minutes va déjà décourager une grande majorité d'agresseurs", souligne l'AQC.

Dépose totale ou non : le type de mise en oeuvre



Il existe trois types de mises en oeuvre pour un changement de fenêtre :
  • Dépose totale du dormant existant : Il s'agit d'enlever l'ancienne fenêtre dans son intégralité. "C'est la solution à privilégier, notamment si le dormant existant est en mauvais état et pour maximiser la surface vitrée", conseille l'AQC. Des travaux supplémentaires seront alors nécessaires, comme refaire le revêtement mural autour de la fenêtre.
  • Conservation du dormant existant : Il s'agit de poser une nouvelle structure sur le dormant existant, ce qui entraîne une légère réduction de la surface vitrée, appelée "clair de vitrage". La solution est plus rapide, moins coûteuse mais un peu moins performante thermiquement. "Il est recommandé de conserver au moins 80% du clair de vitrage initial", souligne l'AQC.
  • Dépose de la traverse basse uniquement : "C'est un bon compromis pour conserver le clair de vitrage lorsque la dépose totale est difficile", souligne l'AQC.

Le professionnel doit effectuer une analyse technique de vos fenêtres avant de vous proposer une solution de mise en oeuvre. Lui seul saura vous dire notamment si le dormant existant peut être maintenu ou non. "L'entrepreneur doit vérifier que le dormant existant est exempt d'humidité, d'oxydation, de déformations excessives, de moisissures ou de détériorations afin de pouvoir l'utiliser comme support et fixation de la nouvelle fenêtre, conformément aux règles de l'art", insiste l'AQC. S'il convient de changer la fenêtre et le dormant, la facture pourrait s'alourdir nettement, et la durée du chantier s'allonger.

Quelles aides financières pour changer ses fenêtres ?


Remplacer ses fenêtres est souvent un investissement important. Il est difficile de donner une fourchette de prix, car le montant des travaux dépend du modèle choisi, notamment du matériau et de ses performances, mais aussi du type de mise en oeuvre et de la pose. de plus, il s'agit souvent de modèles réalisés sur-mesure, le prix peut donc varier d'un chantier à l'autre.

Il existe en revanche un certain nombre d'aides et subventions qui peuvent vous aider à financer ces travaux de rénovation. Aides de l'ANAH, éco-prêt à taux zéro, crédit d'impôt pour la rénovation énergétique... Découvrez quelles sont les aides dont vous pouvez bénéficier dans notre dossier spécial : Rénovation énergétique : les aides pour financer ses travaux.
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