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Crowdfunding, colocation, habitat participatif : les nouvelles tendances de l'immobilier

Par Rouba Naaman-Beauvais
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le 8 avril 2016
Les modes d'habitation des Français changent, et leur vision de l'immobilier aussi. Les ménages se révèlent adeptes du crowdfunding, de l'habitat participatif et du télétravail. Autant de bouleversements du quotidien qui impactent directement leurs besoins immobiliers. Le marché saura-t-il s'adapter ? Eléments de réponse.
Les Français changent, leur mode d'habitation aussi ! Il paraît déjà loin le temps où l'on achetait sa résidence principale en prenant un crédit auprès de sa banque, où le syndicat des copropriétaires ne se réunissait qu'une seule fois par an, où chaque foyer possédait sa machine à laver, et où l'on se déplaçait jusqu'au bureau pour commencer sa journée de travail.
Aujourd'hui, on finance son projet immobilier grâce à de parfaits inconnus, via des plateformes de crowdfunding ; on prend en main la conception et le fonctionnement de son immeuble grâce à l'habitat participatif ; on profite de buanderies communes et de jardins partagés ; et on télétravaille dans un bureau individuel ou commun.
Ces nouveaux modes de vie entraînent de grands bouleversements dans le monde de l'immobilier, certains déjà bien ancrés, d'autres à venir. Notre décryptage, en pages suivantes.
Crowdfunding, colocation, habitat participatif : les nouvelles tendances de l'immobilier

La location saisonnière, ou comment rentabiliser sa maison en son absence

La tendance s'est totalement installée dans notre quotidien : qui n'a pas recherché, sur une plateforme de location saisonnière comme AirBnB, PAP Vacances ou Abritel, une maison de particuliers à louer pour les vacances ?
La nouveauté, depuis quelques années : il ne s'agit plus seulement de biens destinés uniquement à la location, mais également de résidences secondaires voire principales, que leurs occupants rentabilisent en leur absence.
Cette libéralisation de la location saisonnière, si elle inquiète certaines communes et risque d'entraîner des réglementations spécifiques, pourrait également encourager les Français à investir dans une résidence secondaire - un marché qui n'évolue plus depuis plusieurs années.
La location saisonnière, ou comment rentabiliser sa maison en son absence

Le crowdfunding, ou l'investissement participatif entre particuliers

Il a débuté dans les secteurs de la musique, de l'art et de l'innovation : le crowdfunding investit désormais le secteur de l'immobilier. Le financement participatif d'un achat immobilier devient petit à petit un investissement comme un autre, avec des rendements annuels atteignant parfois 18%.
Concrètement, les particuliers contribuent à l'achat en versant la somme de leur choix (minimum 300 euros en général) via une plateforme de crowdfunding (Crowdfunding-immo.fr, Lymo, Dividom, etc.). Ils récupèrent cette somme, plus des intérêts, comme le ferait une banque.
Et emprunter auprès d'inconnus, plutôt qu'auprès d'un établissement bancaire, attire de plus en plus de Français : 20% d'entre eux se disent prêts à sauter le pas, selon une étude OpinionWay pour Guy Hoquet.
Le crowdfunding, ou l'investissement participatif entre particuliers

La colocation : le communautarisme version 2016

La colocation n'est plus l'apanage des étudiants et des jeunes adultes ! Aujourd'hui, elle est devenue un mode de vie adopté aussi par des couples actifs, qui y voient une manière de réduire le coût de leur habitation, en particulier en zone tendue, mais aussi par des personnes âgées, qui y trouve une solution pour rompre la solitude.
C'est aussi le moyen de profiter d'un logement beaucoup plus grand, avec une terrasse ou un jardin par exemple. Des aménagements dont ils n'auraient pas bénéficié en louant un bien à leur budget.
La tendance se développe tellement depuis 2012 qu'un nouveau terme, le "coliving", est apparu. Des plateformes dédiées à la colocation se développent, comme Appartager.com ou La Carte des Colocs. La moitié des demandes de colocations ne seraient toutefois pas satisfaites, preuve que les bailleurs ne sont pas encore prêts à suivre le mouvement...
La colocation : le communautarisme version 2016

Le co-achat, ou l'habitat participatif en pratique

L'habitat participatif est un concept qui a fait doucement son trou dans l'univers immobilier français depuis quelques années. Dans le cadre de la loi Alur, le ministère du Logement a même officialisé sa définition : "un regroupement de ménages mutualisant leurs ressources pour concevoir, réaliser et financer ensemble leur logement, au sein d'un bâtiment collectif". On parle également de co-achat ou de "co-housing", une notion dans laquelle le concept de vie en communauté est très présent.
Concrètement, plusieurs organismes proposent aujourd'hui à de parfaits inconnus de se rencontrer pour concevoir ensemble un projet d'habitat partagé, parfois écologique, très souvent communautaire : Colibris, L'Habitat participatif, Eco Habitat Groupé, Habicoop, etc.
Loin d'être une simple solution d'achat à plusieurs, c'est réellement un mode de vie où l'union fait la force : les copropriétaires ainsi groupés pèsent plus lourd face aux constructeurs et aux banques, ce qui leur permettrait aussi d'économiser jusqu'à 15% sur le coût total du projet.
Le co-achat, ou l'habitat participatif en pratique

Les services partagés, une autre facette de l'habitat participatif

Outre l'achat d'un immeuble à plusieurs, l'habitat participatif est une nouvelle manière de concevoir la vie d'une copropriété. Le concept de services partagés y trouve naturellement sa place.
On voit ainsi apparaître des buanderies communes (à l'image des logements new-yorkais), des jardins partagés, entretenus collectivement, des cuisines d'extérieur utilisées en bonne intelligence, ou encore des chambres d'amis communes, disponibles en cas de besoin. Autant de nouvelles parties communes pour des copropriétés nouvelle génération.
L'objectif : réduire les coûts en mutualisant les biens, mais aussi et surtout tisser un lien social avec ses voisins et limiter son empreinte écologique. Comme une version actuelle et réfléchie de la philosophie hippie des années 70...
Les services partagés, une autre facette de l'habitat participatif

Le télétravail, ou comment le bureau a trouvé sa place dans la maison

Selon une étude OpinionWay pour le réseau immobilier Guy Hoquet, 69% des Français rêveraient de disposer d'une pièce en plus pour en faire un bureau, et 28% de réserver une partie de leur logement à l'exercice d'une activité libérale. La popularité du télétravail ne se dément pas, en particulier en zone urbaine où les trajets domicile/bureau sont parfois longs et fatigants.
Ecologique et confortable, la solution est acceptée dans de plus en plus d'entreprises et plébiscitée par les salariés. Au point de devenir un élément de réflexion au moment d'un achat immobilier ! La traditionnelle "chambre d'amis" laisse ainsi sa place au bureau, et la création d'un bureau dans un logement qui n'en contient pas devient une véritable problématique. Les agences afficheront peut-être bientôt la pièce comme un argument de vente dans les annonces immobilières...
Le télétravail, ou comment le bureau a trouvé sa place dans la maison
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